The degree of methylation and organ distribution of mercury in some birds of prey in Norway  

 Norheim, G.; Froeslie, A.

Acta Pharmacol Toxicol (Copenh). 1978 Sep;43(3):196-204

 

 Degré de méthylation et répartition par organe du mercure chez plusieurs rapaces, en Norvège

 

Les concentrations en mercure et en méthyl mercure ont été déterminées dans les organes de diverses espèces d'oiseaux de proie. La répartition par organe a été calculée pour chaque espèce. Pour le mercure total et les "non-méthyl" mercures, des différences significatives ont été constatées entre les espèces. Pour le méthyl-mercure, nous n'avons pas trouvées de tels écarts.

 

 

 

 

 

 Lead Concentrations in Golden and Bald Eagles

   Tim H. Craig, John W. Connelly, Erica H. Craig, Thomas L. Parker

  Wilson Bulletin, 102(1):130-133, 1990.

 

 Concentration en plomb chez le Pygargue à tête blanche et l'Aigle royal.

 

Ces dernières années, le plomb ( Pb) a été trouvé à des concentrations élevées chez des Pygargues à tête blanche, (Haliaeetus leucocephalus), vivants à l'état sauvage, parfois en quantité suffisamment élevées pour entrainer la mort ( Kaiser et al., 1980, Reichel et al. 1984). Les rapports publiés concernant la mortalité liée au saturnisme chez d'autres rapaces sont peu nombreux. Le Condor de Californie ( Gymnogyps californianus), la Buse pattue (Buteo lagopus), l'Aigle royal ( Aquila chrysaetos) ont aussi été victimes de saturnisme (USFWS 1985, Wiemeyer et al. 1988). De plus, d'autres Aigles royaux morts de diverses pathologies ou de causes inconnues présentaient des doses élevées de plomb ( USFWS 1985). Nous rapportons les taux de plomb dans le foie de 16 Aigles royaux, 6 Pygargues et dans des prélèvements de sang de 2 Aigles royaux et 2 Pygargues trouvés morts ou moribonds dans l'Idaho.

 

 

 

 

 

Lead poisoning as a threat to Golden Eagles Aquila chrysaetos in the northern Alps?

 E. BEZZEL, H.J. FUNFSTUCK Journal of Ornithology -

J ORNITHOL 01/1995; 136(3):294-296. DOI: 10.1007/BF01651299

 

 En 1990 et 1994, deux Aigles royaux mâles ont été retrouvés avec des petites particules de plomb dans leurs estomacs. Les deux individus étaient morts après avoir été trouvés au sol, en mauvais état de santé. Il existe d'autres cas d'aigles trouvés morts dans le même secteur, qui ne présentaient aucun signe de blessure. Les deux cas d'intoxication aiguë au plomb, ou saturnisme, coïncident avec la forte pression de chasse pour réduire le nombre de Chamois, Rupicapra rupicapra. Les projectiles utilisés contiennent un noyau de plomb et des Aigles ont été observés en train de consommer les entrailles de chamois abattus

 

 

Concentrations of lead in liver, kidney, and bone of bald and golden eagles.

 M. Wayland, E. Neugebauer, T. Bollinger

 Archives of Environmental Contamination and Toxicology

 August 1999, Volume 37, Issue 2, pp 267-272

 

Concentration en plomb dans le foie, les reins et les os de Pygargues à tête blanche et d'Aigles royaux.

 

  Le diagnostic d'empoisonnement au plomb s'appuie sur les résultats d'autopsies et l'analyse des résidus de plombs dans certains tissus, habituellement le foie et le sang. . De même, l'évaluation du taux élevé d'exposition au plomb chez les aigles dépend de la détermination de la concentration en plomb de ces tissus. Les concentrations, rénales et osseuses, en plomb, ont été rarement étudiées chez les aigles; Nous avons étudié les relations entre les taux de plomb hépatiques, rénaux, et osseux chez le Pygargue à tête blanche et l' Aigle royal dans les provinces des prairies canadiennes. Les concentrations en plomb, hépatiques et rénales étaient fortement liées (R2 = 0.87) alors que celles entre le foie et les os étaient significativement mais faiblement associées ((R2 = 0.22). Les concentrations rénales de 5 et 18 μg · g−1 (masse sèche) correspondent à des concentrations hépatiques de 6 et 30 μg · g−1 , les concentrations hépatiques que nous avons utilisées comme niveau de référence associés à une exposition élevée au plomb et mort par empoisonnement au plomb, respectivement. Le plomb était élevé dans 19 sur 119 et 21 sur 109 prélèvement de foie et de rein, respectivement. Sur les 19 et 21 échantillons de foie et de rein, 14 et 11, respectivement, avaient des taux de plomb compatibles avec une mort par empoisonnement au plomb. Considérées ensemble, les concentrations de plomb étaient élevées dans le foie ou les reins de 25 aigles et étaient compatibles avec une mort par empoisonnement pour 15 cas. La moyenne des taux en plomb osseux étaient plus haute chez les aigles avec une forte concentration hépatique que pour ceux présentant un faible taux hépatique en plomb. Néanmoins, même dans le premier groupe, les concentrations osseuses étaient plus basses que celles d'individus, exposés au plomb, d'autres espèces d'oiseaux. Le tissu osseux n'est probablement pas intéressant pour identifier le taux d'exposition au plomb des aigles. Trois sur onze des oiseaux qui avaient été victimes de tirs présentaient  des concentrations anormales de plomb dans les reins, suggérant une contamination liée à des résidus de munitions de tir à base de plomb. Il est important d'écarter ces oiseaux lors de l'étude de l'exposition au plomb.

 

 

 

 

 

Lead exposure and poisoning in bald eagles and golden eagles in the Canadian prairie provinces

 Wayland M, Bollinger T. 1999.

Environmental Pollution 194:341-350

 

La prévalence de forte exposition au plomb et de saturnisme a été étudiée chez des Pygargues à tête blanche et des Aigles royaux trouvés morts dans les provinces des Prairies Canadiennes entre 1990 et 1996. Sur 127 Aigles, 12% étaient morts de saturnisme avec des concentrations en plomb supérieures à 20 ppm masse sèche dans les reins ou 30 ppm dans le foie. Pour 5% , les concentrations dans les reins étaient supérieures à 8 ppm ou dans le foie à 6 ppm. La prévalence de forte concentration en plomb ne diffère pas ( p= 0,23) entre les deux espèces bien que la puissance statistique du test soit faible (0,4). Quand on associe les deux espèces, une plus grande proportion d'oiseaux adultes ou sub-adultes avaient des taux de plomb dans les tissus plus élevés que chez des oiseaux immatures (p<0.05). Les Aigles royaux qui présentaient les plus fortes concentrations avaient été trouvés à des dates plus proches de la saison de chasse que ceux qui présentaient des valeurs plus faibles (p=0,07). Cela n'était pas le cas des Pygargues ( p=0,89). Il y avait une plus grande prévalence de forte exposition au plomb chez les Pygargues trouvés dans des secteurs ayant une plus forte pression de chasse au gibier d'eau que chez ceux issus de zones moins chassées (p=0,07). Par opposition, les Aigles royaux fortement exposés étaient associés aux zones à faible pression de chasse sur le gibier d'eau plus que ceux à faible exposition (p=0,04). Dans notre zone d'étude, les prévalences de saturnisme pour les Pygargues ou les Aigles royaux étaient sensiblement identiques. Pour les Pygargues, le plomb de tir associé à la chasse au gibier d'eau étaient probablement la principale origine du plomb. D'autres origines de plomb, comprenant le plomb issu des munitions de chasse de gibier à plume ou à poil, semblent des sources plus conformes pour les Aigles royaux.

 

 

 

Heavy metals in soft tissue of white-tailed eagles found dead

or moribund in Germany and Austria from 1993 to 2000

 Norbert Kenntner, Frieda Tataruch, Oliver Krone

 erschienen in .Environmental Toxicology and Chemistry 20 (2001): 1831-1837.

 

Les métaux lourds dans les tissus mous de Pygargues à queue blanche, trouvés morts ou moribonds, en Allemagne et en Autriche, de 1993 à 2000.

 

Des résidus de métaux potentiellement toxiques comme le plomb, Pb, le mercure, Hg, le Cadnium, Cd, ont été analysés dans le foie et les reins de 61 Pygargues à queue blanche sauvages, trouvés morts ou moribonds en Allemagne et en Autriche, entre 1993 et 2000. De fortes teneurs et une grande variété ont été trouvées pour le plomb dans les foie, et pour le mercure dans les tissus rénaux. Des concentrations de plomb, considérées comme induisant un saturnisme létal, ont été mises en évidence dans 28% des échantillons de foie. Des fragments de plomb ont été détectés dans les gésiers de 2 individus. Les découvertes physiologiques trouvées sur un pygargue, récemment mort, montrent qu'une exposition aigue au plomb constitue des cellules dégénératives de Purkinje dans le cerveau et des inclusions cellulaires dans les cellules  des tubules rénaux. Des résidus de Mercure, dans les organes, diminuent depuis les premières études, époque où les composés organo-mercurés étaient utilisés comme traitement des semences. Tous les taux de Cadmium étaient bas ou très faibles chez les Pygargues.

Cette étude identifie clairement le plomb, en Allemagne et en Autriche. en tant que poison pour les Pygargues à queue blanche.  

 

 

 

 

 

 

Pollutants and Reproduction in Golden Eagles Aquila chrysaetos in Norway p 19

Symposium om kongeørn

Stjørdal, Nord-Trøndelag

3. – 5. oktober 2003

 

Polluants et Reproduction chez l'Aigle royal Aquila chrysaetos en Norvège

 

Le succès reproducteur chez l'Aigle royal a été étudié dans le centre de la Norvège, entre le 62° et 63° de latitude Nord, de 1973 à 1999. Des oeufs non viables ont été recueillis pour analyse des polluants chimiques dans 9 territoires ( 5 dans des zones côtières et 4 dans des zones intérieures ). Les sites côtiers ont un taux reproducteur inférieur, pendant la période observée, à ceux de l'intérieur, et présentent un taux plus élevé de composants organochlorés. Il y avait des corrélations relativement fortes entre le taux reproducteur, l'épaisseur de la coquille et la teneur en DDE. Nous suggérons que le taux relativement haut de composés organochlorés contenu dans les oeufs de la zone côtière avaient pour origine les oiseaux de mer présents dans le régime alimentaire, alors que les oiseaux de l'intérieur se nourrissent, essentiellement,  de proies herbivores telles que les tétras, les lièvres ou les cervidés. Une analyse plus étendue des oeufs de l'ensemble du pays montraient que l'aigle royal est particulièrement sensible à l'amincissement, de la coquille des oeufs, causé par le DDE. Notre ensemble de données sur les résultats reproducteurs est, néanmoins, trop petit, pour établir un lien certain entre la contamination par DDE et les taux reproducteurs des Aigles royaux norvégiens. Les taux des principaux polluants organochlorés étaient sans variation notable pendant la période étudiée.

 

 

 

 

MORTALITY, MORBIDITY, AND LEAD POISONING OF EAGLES IN WESTERN CANADA, 1986-98

Mark WAYLAND, LAURIE K. WILSON AND JOHN E. ELLIOTT, MICHAEL J.R. MILLER, TRENT BOLLINGER

MALCOLM MCADIE, KEN LANGELIER

j RaptorRes.3 7(1):8-18

¸ 2003 The Raptor Research Foundation, Inc.

 

 Mortalité, Morbidité et Saturnisme chez les aigles dans l'ouest du Canada, entre 1986 et 1998.

 

Entre 1986 et 1998, nous avons étudié les causes de mortalité et morbidité, et évalué la contamination par le plomb des Pygargues à tête blanche,  Haliaeetus leucocephalus,  et de l'Aigle royal, Aquila chrysaetos,  dans l'ouest du Canada. Les diagnostics les plus classiques, ont été: trauma ( 13%), électrocution ( 11,5%), empoisonnement par pesticides (7,6%), tir par arme à feu (7,3%) saturnisme ( 6,4%). Il n'a pas été possible de déterminer la cause de mortalité ou morbidité dans 29% des cas sur 546 aigles totaux. En dehors des cas indéterminés, et de ceux n'ayant pas des données précises, les intoxications interviennent dans 40% des diagnostics dans les province des Prairies, mais seulement dans 19% dans ceux de Colombie britannique. Dix pour cent des aigles (N=372) ont des taux de Pb dans les tissus correspondant avec un empoisonnement au plomb, et 5% avaient des taux de Pb élevés mais non mortels. les classes d'âge diffèrent significativement selon les aigles avec soit des taux faibles soit des taux élevés de Pb (empoisonnement ou taux élevés). Si l'on combine les données des deux espèces, les taux élevés de Pb sont détectés  chez 19,5% des adultes ou sub-adultes (N=220), mais seulement chez 7% d'immatures (N=128). On trouve un taux élevé de Pb chez 28% d'Aigles royaux, mais seulement chez 13% de Pygargues à tête blanche. Les proportions d'aigles avec un taux élevé ou faible, n'étaient pas différentes si l'on se base sur le niveau de prédation sur les oiseaux d'eau proches des lieux de recueil des données. Les Aigles royaux avec de fortes concentrations, tendaient à être rencontrés plus souvent, pendant ou juste après la saison de chasse d'automne, que les aigles à faible taux de PB. La plus importante conséquence des concentrations élevées en Pb, chez l'Aigle royal comparé au Pygargue, et le manque de relations avec l'intensité de la chasse au gibier d'eau suggère que les gibiers d'eau ne seraient pas la source principale de plomb pour les Aigles royaux de l'ouest du Canada.

 

 

 

 

Lead and arsenic in bones of birds of prey from Spain

R. Mateo, M. Taggart, A.A. Meharg

 Environmental Pollution 126 (2003) 107–114

 

Plomb et Arsenic dans les os des rapaces en Espagne

 

Les os ( humérus et/ou fémur ) de 229 rapaces appartenant à 11 espèces ont été analysés à la recherche de plomb et d'arsenic, pour évaluer leur exposition au plomb de tir. Les espèces, avec le plus haut taux moyen de Pb, étaient le milan royal ( Milvus milvus) le Vautour fauve ( Gyps fulvus ) et les espèces avec le taux le plus faible étaient la Buse variable ( Buteo buteo ) et l'Aigle botté ( Hieraeetus pennatus). Le Milan royal avait aussi le taux moyen d'As le plus élevé ainsi que des traces d'éléments présents en faible quantité dans les plombs de chasse. Des concentrations élevées de Pb dans les os ont été trouvées chez 10 oiseaux appartenant à 6 espèces. Des signes cliniques compatibles aves un empoisonnement mortel au plomb et/ou d'excessives concentrations de Pb dans les os, ont été observées chez 1 Hibou grand duc ( Bubo bubo ), 1 Milan royal et 1 Vautour fauve. L'empoisonnement au Pb a été diagnostiqué chez 8 espèces de rapaces, en Espagne, à ce jour.

 

 

 

 

 

Cause of death within Golden Eagles in the Werdenfelser Land area, Bavaria, with comments on lead contaminationbas cause of death within raptors.

 Hans-Joachim Fünfstück 2006

  AVIFAINISTIK IN BAYERN Band 3 Heft2, S, 91-96

 

 Causes de mortalité chez les Aigles Royaux dans le Werdenfelser Land, Bavière, avec des observations sur le saturnisme en tant que cause de décès chez les rapaces.

 

 Dans le Werdenfelser Land, , les districts de Garmisch-Partenkirchen, Bad Tölz-Wolf ratshausen, Weilheim-Schongau et Ostallgäu, 39 Aigles royaux, Aquila chrysaetos,  morts ou blessés, ont été trouvés depuis 1966. Dans 10 cas, les causes de la mort ont pu être démontrées: quatre Aigles royaux sont morts par contamination au plomb, trois ont été tués par des pièges, deux ont été victimes de tir et un par collision avec un planeur. En 2006 un Pygargue à queue blanche, Haliaeetus albicilla, et un Gypaète barbu, Gypaetus barbatus, ont été, aussi, victimes de saturnisme en Bavière. De façon évidente, le problème de l'intoxication aiguë au plomb est sous-estimée pour les rapaces.

 

 

 

 

Lead poisoning and heavy metal exposure of golden eagles (Aquila chrysaetos) from the  European Alps

Hans-Joachim Fünfstück; Martin Janovsky; Frieda Tataruch; Norbert Kenntner; Yvon Crettenand;

Journal of Ornithology, Vol. 148, No.2, pp.173-177 2007

 

Intoxication saturnine et exposition aux métaux lourds des Aigles royaux ( Aquila chrysaetos) dans les Alpes européennes.

 

Le saturnisme et dans les organes, les niveaux de plomb, cadmium et mercure de 7 Aigles royaux, sauvages, des Alpes européennes et ceux d'un Aigle royal captif, âgé de 23 ans, ont été étudiés. Tous les oiseaux ont été trouvés morts ou moribonds au cours des années 2000 et 2001 en Autriche, Allemagne et Suisse. Un Aigle royal, originaire de Suisse, contenant des résidus extrêmement élevés de plomb dans ses reins et son foie a été clairement identifié comme mort par empoisonnement au plomb. Un autre oiseau, issu de la même région, a été trouvé encore vivant et est mort, dans un centre de soins, montrant des résidus de plomb, dans ses organes, entrainant une intoxication grave au plomb avec des conséquences physiologiques néfastes, telles que des désordres nerveux et l'inhibition de la synthèse de l'hémoglobine.

 Les concentrations de cadmium, mercure et résidus de plomb dans les organes des autres cinq oiseaux sauvages, et chez l'oiseau captif, étaient basses et représentaient les niveaux naturellement présents chez les rapaces.

 Ceci est le premier rapport publié concernant l'empoisonnement au plomb chez les Aigles royaux de Suisse. les origines de l'intoxication au plomb dans ces régions, pour les Aigles royaux, est à débattre.

 

 

 

 

 

A GLOBAL UPDATE OF LEAD POISONING IN TERRESTRIAL BIRDS

FROM AMMUNITION SOURCES

DEBORAH J. PAIN1, IAN J. FISHER2, AND VERNONG. THOMAS

Journal of Ornithology 148:173–177.

24 July 2008

 

Une mise à jour globale sur le saturnisme, chez les oiseaux terrestres, en rapport avec les munitions de tir.

La mortalité par intoxication au plomb, par le biais de l'ingestion de grenaille de chasse, a été clairement établie pour les oiseaux d'eau, et plus récemment pour les rapaces et d'autres espèces d'oiseaux. Les rapaces ( vautours, faucons, autours, aigles et hiboux ) sont exposés au plomb provenant des munitions tirées ( balles, plombs, éclats ) dès lors qu'ils consomment des espèces "gibiers", et d'autres espèces d'oiseaux sont aussi exposées lors de leur recherche de nourriture dans des zones de chasse et aussi de tir. Nous faisons, ici, un bilan de ce qui a été publié sur l'ingestion et l'empoisonnement par le plomb provenant de munitions pour les oiseaux terrestres. Nous discuterons brièvement des méthodes d'évaluation d'exposition et d'empoisonnement à partir de cette source d'absorption de plomb, et de l'utilisation d'isotopes de Pb pour confirmer l'origine du plomb. Des cas, bien documentés, incluant 33 espèces de rapaces et 30 espèces de Gruiformes, Galliformes et d'autres taxons aviaires dont 10 espèces menacées ou moyennement menacées. L'empoisonnement par le Pb est particulièrement préoccupant pour les espèces à forte espérance de vie et faiblement reproductrices, en particulier pour celles dont la population est réduite comme les 5 espèces particulièrement menacées et 1 espèce, moyennement menacée, de rapaces signalées comme intoxiquées par le plomb issu de munitions dans le milieu naturel.

L'intoxication saturnine, chez les rapaces et d'autre espèces terrestres, ne sera éliminée que lorsque toutes les munitions à base de plomb seront remplacées par des munitions alternatives non-toxiques.

 

 

 

 

LEAD POISONING IN WILD BIRDS IN EUROPE AND THE REGULATIONS ADOPTED BY DIFFERENT COUNTRIES

RAFAEL MATEO

Instituto de Investigación en Recursos Cinegéticos IREC (CSIC, UCLM, JCCM),2009

 

Empoisonnement par le Plomb des oiseaux sauvages en Europe et les règlementations adoptées par différents pays.

 

L'empoisonnement par le plomb a été décrit en Europe à la fin du XIX siècle, mais les premières études épidémiologiques ont été réalisées depuis la seconde moitié du XX siècle. Jusqu'ici, la plupart des études se sont concentrées sur les oiseaux d'eau et les rapaces, avec peu de recherches sur les gibiers à plume terrestre. La densité en plomb de tir dans les sédiments des milieux humides a été étudiée dans plusieurs pays, avec des densités maximales observées dans le sud de l'Europe ou plus de 399 tir/m² dans les 30cm supérieurs des sédiments ont été relevés. De même la plus grande prédominance d'ingestion de plomb de tir a été trouvée chez les oiseaux d'eau hivernants dans la région sèche méditerranéenne où les oiseaux se concentrent dans des zones humides limitées qui ont été aussi, intensivement chassées depuis des dizaines d'années. Si nous considérons le canard colvert ( Anas platyrhyncos) comme une espèce bio indicatrice, la prévalence d'ingestion de plomb de chasse varie entre 2-10% dans les zones humides d'Europe du nord, jusqu'à 25-45% dans les deltas méditerranéens dans le sud de l'Europe. Les espèces avec la plus grande prédominance d'ingestion de plomb de tir sont les canard pilet (Anas acuta) et le canard milouin (Aythya ferina) avec des valeurs autour de 60-70%. L'empoisonnement par le plomb a été identifié comme une cause importante de la mort pour l'Erismature à tête blanche( Oxyura leucocephala) et pour les cygnes ( cygnus sp.).

L'accumulation de plomb de tir dans les écosystèmes d'altitude a été étudiée récemment dans les zones intensivement chassées et les secteurs où se pratique la chasse de la Perdrix rouge ( Alectoris rufa) où des densités de 7.4 tir/m² sont courantes dans le sol. La prévalence d'ingestion de plomb de tir, chez la perdrix rouge, varie entre 1,4% en Grande Bretagne et 3,9% en Espagne. Des cas d'empoisonnement au plomb ont aussi été décrit chez la Perdrix grise ( Perdix perdix, 1,4% des oiseaux trouvés morts) le Faisan de colchide ( Phasianus colchedicus) et le pigeon ramier ( Columba palumbus).

L'empoisonnement au plomb a été décrit chez 17 espèces de rapaces en Europe, quelques unes quasi menacées (NT) telles que le Pygargue à queue blanche (haliaaetus alibicilla) ou particulièrement menacées comme l'Aigle Ibérique ( Aquila adalberti). Quelques études ont été menées pour mesurer l'exposition des rapaces à partir de l'analyse de tissus ou de la présence de plombs dans les pelotes de réjection. Des taux significatifs d'ingestion de plomb de tir ont été observés chez l'Aigle ibérique ( 11% des pelotes avec des plomb de tir).De plus, 20-40% de Busards des roseaux ( Circus aeruginosus) ont un taux sanguin > 30µg/dL, 91% des Vautours fauves ( Gyps fulvus) ont un taux sanguin >20>µg/dL, et 28% des Pygargues à queue blanche trouvés morts ou moribonds avaient un taux de plomb dans le foie >5µg/g ww.

 

L'interdiction du plomb de tir dans les zones humides et/ou pour la chasse du gibier d'eau a été adoptée au Danemark en 1985, et quelques années après par la Norvège, les Pays Bas, la Finlande et la Suède. Les autres pays européens ont accepté d'interdire l'utilisation du plomb de tir dans les zones humides, dans les années 2000, suivant les directives de l'AEWA. Néanmoins, le Danemark, la Norvège et les Pays Bas ont étendu l'interdiction à toutes les espèces chassées.

 

 

 

 

TOTAL MERCURY CONCENTRATION IN KIDNEYS

OF BIRDS OF PREY FROM DIFFERENT PART OF POLAND -

SOME INTERSPECIES AND GEOGRAPHICAL DIFFERENCES

Andrzej KOMOSA1*, Ignacy KITOWSKI2, Radosław KOWALSKI3

Grzegorz PITUCHA4, Zofia KOMOSA5 and Justyna GROCHOWICZ6

ECOLOGICAL CHEMISTRY AND ENGINEERING S

Vol. 16, No. S1 2009

 

Concentration en Mercure total dans les reins des oiseaux de proie de différentes régions de Pologne; quelques différences interspécifiques et géographiques

 

Les niveaux de concentration en mercure de 46 individus de 13 espèces de rapaces ont été étudiées. La plus importante concentration moyenne de mercure, dans les reins, fût trouvée chez un Pygargue à queue blanche, Haliaeetus albicilla, 1,54 mg/kg d.m, alors que la concentration maximale dans un rein a été mesurée sur une Buse variable, Buteo buteo, avec 4,54 mg/kg d.m. Le niveau de concentration en mercure dans les reins de jeunes rapaces était moindre que chez les adultes. A la lumière de recherches, menées sur les rapaces, il apparait que les oiseaux accumulent, en se nourrissant et en chassant, moins de mercure, dans leurs reins, que d'autres espèces dont le régime est basé sur la consommation de petits mammifères. Les rapaces, reliés à l'environnement agricole du nord-est de la Pologne, semblent accumuler, dans leurs reins, plus de mercure que ceux originaires des autre régions de Pologne.

 

 

 

RANGE USE AND CONTAMINANTS OF GOLDEN EAGLES IN WASHINGTON

 

  James W. Watson and Robert W. Davies 2009

  Washington Department of Fish and Wildlife Wildlife Program Wildlife Science Division

  

En 2008, nous avons mené pour la quatrième année complète, des recherches sur les déplacements, l'utilisation du territoire et les charges de contaminants des Aigles royaux dans l'état de Washington. Nous avons capturé et équipé pour la télémétrie 3 aigles adultes, échantillonné leur sang pour le plomb et enregistré leurs déplacements au cours de l'année par télémétrie satellitaire. Les proies en provenance de 9 nids ont été collectées et identifiées. Jusqu'à présent, sur les 14 aigles testés pour le plomb, 6 (43%) avaient des niveaux de base  pour le plomb, 4 (29%) avaient des teneurs trop élevées, et 4 (29%) avaient des teneurs révélatrices d'intoxication. Il n'y avait pas de modèle géographique valable associé à la teneur en plomb. L'échantillonnage comprenait des oiseaux de 20 à 30% des territoires classiquement occupés dans l'état de Washington, reflétant que la contamination au plomb est un problème répandu et important pour les Aigles royaux reproducteurs. Les programmes pour 2009 incluent un échantillonnage continu du sang et des recueil de proies dans les nids.

 

 

 

BLOOD LEAD LEVELS OF BALD AND GOLDEN EAGLES SAMPLED DURING AND AFTER HUNTING SEASONS IN THE GREATER YELLOWSTONE ECOSYSTEM

 BRYAN BEDROSIAN AND DEREK CRAIGHEAD

Craighead Beringia South, P.O. Box 147, Kelly, WY 83011, USA.

2009

 

Taux de plomb sanguin relevés chez des Pygargues à tête blanche et des Aigles royaux pendant et après les saisons de chasse dans l'écosystème du Yellowstone.

 

Récemment, nous avons découvert une teneur significative de plomb ingéré chez le Grand corbeau ( Corvus corax) du sud de l'Ecosystème du Yellowstone, pendant la saison de chasse ( Craighead et Bedrosian 2008). Nos résultats fournissent d'autres éléments sur le fait que l'abandon des viscères du gros gibier par les chasseurs est à l'origine de la présence de plomb dans l'écosystème. Cependant, il y a de nombreuses espèces qui se nourrissent de cet apport providentiel (Wilmers et al. 2003, Hunt et al 2006) et qui sont donc potentiellement exposées au plomb tout au long de la saison de chasse ( (mi-Septembre à Décembre). Nous avons étendu le champ de nos recherches au Pygargue à queue blanche ( Haliaeetus leucocephalus) et à l'Aigle royal (Aquila chrysaetos). Nous avons mesuré les taux de plomb sanguin chez les deux espèces pendant et après les saisons de chasse au gros gibier pendant deux ans.

Nous avons examiné 63 aigles ( 47 Pygargues et 16 Aigles royaux) et trouvé un taux moyen de plomb dans le sang de 41,0 µg/dL ( variation = 3,2 à 523 µg/dL), 74,9 % de tous les oiseaux examinés présentaient des niveaux élevés de plomb (>20 µg/dL), et 14,3% avaient des niveaux associés à un empoisonnement clinique (>100µg/dL).

Nous n'avons pas trouvé de différence entre les Pygargues et les Aigles royaux hors de la période de chasse ( moyenne = 29,9 et 21,9 µg/dL, respectivement; P = 0,792).

 Nous n'avons pu séparer les espèces pendant la saison de chasse à cause d'une taille d'échantillon d'Aigles royaux insuffisante pour cette période ( n = 3). Les taux moyens de plomb dans le sang, pendant la période de chasse, étaient significativement plus élevés que hors période de chasse ( 56 contre 27,7 µg/dL, respectivement; P = 0,01).

 Nous n'avons trouvé aucune différence de taux de plomb dans le sang entre des groupes d'âges différents, ni d'éléments montrant qu'une augmentation des taux entrainant une baisse de l'état général.....

 

 

 

 

 

Ingestion of spent lead ammunition: implications for wildlife and humans.

 Avery D, Watson RT. 2009.

Regulation of lead-based ammunition around the world.

In: Watson RT, Fuller M, Pokras M, Hunt WG (Eds.).

 

 Proceedings of a conference sponsored by the Peregrine Fund, Boise Idaho.

 

 

 

 

Difference between blood lead level detection techniques: analysis within and among three techniques and four avian species.

 Bedrosian, B., C.N. Parish, and D. Craighead. 2009.

Pp. 287-288 in R.T. Watson, M. Fuller, M. Pokras, and G. Hunt (eds.), Ingestion of lead from spent ammunition: implications for wildlife and humans. The Peregrine Fund, Boise, ID.

 

Différences entre techniques de détection des taux sanguins de plomb: analyses de trois techniques et de quatre espèces d'oiseaux

 

Il est souvent difficile de comparer et d'interpréter les résultats d'études sur les niveaux de plomb dans divers tissus du fait des différents taux d'absorption des tissus. En outre, il peut être compliqué de comparer directement des données d'études ayant échantillonné le même tissu si différentes méthodes ont été utilisées pour déterminer les taux de plomb sans ajustement des écarts entre techniques. Plusieurs études récentes ont utilisé une technologie relativement nouvelle ( testeur portable ESA Lead-Care). Pour des échantillons de sang humain, Pineau et al. ont trouvé que le système Lead-Care avait tendance à sous estimer le taux sanguin de plomb par rapport à la spectrométrie d'absorption atomique au four en graphite ( GFAAS), et d'autres ont remis en question la validité de cette technique. De même, Parish et al. (2007) ont trouvé que LCS sous estimaient le taux sanguin de plomb chez les condors californiens ( Gymnogyps californianus) en comparant les techniques de laboratoire.

Nous avons étudié les écarts potentiels des techniques de détection de taux sanguin de plomb sur quatre espèces d'oiseaux et à l'aide de trois techniques différentes.

Nous avons étudié le sang du Condor californien, du Grand corbeau ( Corvus corax), du pygargue à tête blanche ( Haliaeetus leucocephalus) et de l'Aigle royal (Aquila chrysaetos) et comparé la spectrométrie de masse avec plasma à couplage inductif (ICPMS), la spectrométrie d'absorption atomique au four en graphite ( GFAAS), et le LCS. Globalement nous avons trouvé que ICPMS et GFAAS sont tout à fait comparables pour les quatre espèces, mais ESA-LeadCare sous estime systématiquement les taux de plomb dans le sang pour les quatre espèces par rapport à ICPMS et GFAAS. En outre, nous avons constaté que les différences entre les techniques peuvent varier selon les espèces. Nous concluons qu'alors que LCS peut sous estimer les taux individuels, cela reste une technique utile pour rassembler des données de façon peu onéreuse et rapidement si une technique particulière spécifique à une espèce peut être choisie. Si des mesures précises sont nécessaires ou si l'on doit comparer des résultats LCS à ceux obtenus par ICPMS et/ou GFAAS, alors un rééquilibrage spécifique entre techniques doit être mené par analyse d'un sous-ensemble d'échantillons par différentes techniques.

 

 

 

 

Toxicology

 CHARLES J. HENNY

USGS Forest and Rangeland Ecosystem Science Center

3200 SW Jefferson Way, Corvallis, OR 97331 U.S.A.

JOHN E. ELLIOTT

Environment Canada, Pacific Wildlife Research Centre

Raptor Research and Management Techniques

2010

 

Il y a quelques années ( 1947:1985 ), la plupart des problèmes rattachés aux contaminants, concernant les rapaces, étaient en rapport avec les insecticides de type hydrocarbures chlorés (CH), comme le DDT, Dedrine, Heptachlore et Chlordane, la plupart d'entre eux étant aujourd'hui interdits aux Etats Unis et ailleurs. D'autre contaminants comprenaient du mercure (Hg), du plomb (Pb), des polychlorobiphényles (PCB)  et des résidus acides, ces derniers touchant les populations de poissons dans les lacs mal protégés et donc, affectant les Balbuzards ( Pandion Haliaetus) et le Pygargue à tête blanche ( Haliaetus leucocephalus). Secondairement, l'empoisonnement des rapaces par des rodenticides anticoagulants et des pesticides organophosphorés (OP) commençait à être étudié. La disparition du Faucon pèlerin ( Falco pelegrinus) de l'est des Etats Unis, en 1964, et leur importante diminution dans le reste du monde, étaient, en premier lieu, liées au DDT, et peut-être à d'autres hydrocarbures chlorés. Le retour du faucon pèlerin aux Etats Unis, suivant, en 1972, l'interdiction d'utilisation à grande échelle du DDT, et beaucoup d'efforts pour réintroduire l'espèce en danger, à été récemment décrite dans "le retour du Faucon pèlerin". Surtout l'importance relative des problèmes de contamination spécifique, aujourd'hui, n'est pas la même que lors de la première édition de ce manuel, et de nouvelles questions se posent. Cela étant, des hydrocarbures chlorés persistants sont toujours actifs sur quelques espèces dans des endroits précis, ( DDE entrainant une diminution de taux de reproduction et amincissement es coquilles d'oeufs de certains balbuzards nichant sur la rivière Columbia en 1997-98, même si la population augmentait à la même époque, Henry et al. 2004, ). ...

A terme, les effets d'un groupe de contaminants diminuent ( habituellement après beaucoup de recherches et une limitation ou interdiction d'utilisation) et d'autres contaminants émergent et le cycle continue. La variété de rapaces occupant la planète, avec leurs différentes stratégies de nourrissage, place certaines espèces dans des situations délicates. Certains caractères aident les rapaces à faire face à des contaminants particuliers. Cela comprend la sélection du plomb par les Hiboux et beaucoup d'autres rapaces qui éliminent les plombs de chasse ingérés et la déméthylation ( pour beaucoup d'espèce, en particulier chez les adultes ) du méthylmercure toxique en une forme non-toxique. Néanmoins, d'autres caractères rendent des espèces entières ou des populations particulières, extrêmement vulnérables à certains contaminants. Les espèces consommatrices de cadavres, vautours, aigles, buses en particulier, sont très sensibles à l'empoisonnement secondaire en consommant des carcasses contaminées par des tirs avec du plomb de chasse, des pesticides ou des médicaments vétérinaires.

Des populations de certaines espèces se sont rétablies après les problèmes liés au DDT. Cela comprend le Balbuzard, qui tolère la proximité de l'homme et commence à nicher maintenant dans de nombreuses zones polluées et qui est considéré comme une espèce indicatrice pour surveiller la santé des grands cours d'eau, baies ou estuaires, rôle que l'espèce jouait initialement. Il y a un besoin persistant de suivre les populations de rapaces et d'étudier les données de faible productivité ou de mortalité inhabituelle et d'en informer les autorités responsables.

 

 

 

Relationships between organohalogen contaminants and blood plasma clinical-chemical parameters in chicks of three raptor species from Northern Norway.

Sonne C, Bustnes JO, Herzke D, Jaspers VL, Covaci A, Halley DJ, Moum T, Eulaers I, Eens M, Ims RA, Hanssen SA, Einar Erikstad K, Johnsen T, Schnug L, Rigét FF, Jensen AL.

 Ecotoxicol Environ Saf. 2010 Jan;73(1):7-17.

 

Rapports entre les polluants organohalogénés et les paramètres clinico-chimiques du plasma sanguin des poussins de trois espèces de rapaces du nord de la Norvège.

 

Les polluants organohalogénés (OHC) peuvent modifier divers paramètres physiologiques chez les oiseaux, y compris en ce qui concerne la chimie sanguine. Nous examinerons donc, les paramètres clinico-chimiques du plasma sanguin et les O.H.C. chez les poussins de l'Aigle royal, le Pygargue à queue blanche et de l'Autour des palombes du nord de la Norvège. L'analyses de corrélation sur les données communes montraient que les phosphatases alcalines (ALKP), le glucose et la créatinine étaient négativement corrélées avec les divers O.H.C. ( tous: p<0.05; r: -0.43 to -0.55; n=23) alors que pour l'alanine aminotransférase (ALAT), les protéines, le cholestérol, l'acide urique, la bilirubine, le ratio protéine/créatinine, et acide urique/créatinine, nous avons observé une corrélation positive avec les divers O.H.C. ( tous: p<0.05; r: 0.43-0.96). A partir des ces rapports, nous suggérons que les concentrations en O.H.C. trouvées chez certains poussins de rapaces dans la Scandinavie nordique, peuvent altérer la chimie du plasma sanguin de manière à toucher le foie, les reins, les os, l'endocrinologie et le métabolisme. Afin de développer les connaissances sur ces relations et mécanismes, nous recommandons qu'une étude plus approfondie soit menée dans l'avenir.

 

 

 

 

 

A first evaluation of the usefulness of feathers of nestling predatory birds for non-destructive biomonitoring of persistent organic pollutants.

Eulaers I1, Covaci A, Herzke D, Eens M, Sonne C, Moum T, Schnug L, Hanssen SA, Johnsen TV, Bustnes JO, Jaspers VL.

 Environ Int. 2011 Apr; 37(3):622-30

 

Une première évaluation de l'usage des plumes de poussins de rapaces pour une biosurveillance non-destructrice des polluants organiques persistants

 

Dans des études antérieures, les plumes de rapaces adultes ont été estimées comme des matrices recevables et non destructrices, pour la bio-surveillance des polluants organiques persistants (POP) . Dans cette étude, nous évaluerons, pour la première fois, l'usage des plumes de poussins de rapaces pour une bio-surveillance non destructrice des P.O.P. Dans ce but, nous recueillerons des plumes corporelles et du sang, chez les poussins de trois oiseaux top-prédateurs du nord de la Norvège: Autour des palombes, Accipiter gentilis, Pygargue à queue blanche, Haliaeetus albicilla, et Aigle royal, Aquila chrysaetos. Nous avons pu détecter un large éventail de traces de P.O.P. dans les plumes des oisillons des trois espèces (Σ PCBs: 6.78-140ng g(-1); DDE: 3.15-145ng g(-1); Σ PBDEs: 0.538-7.56ng g(-1)). Néanmoins, ces concentrations étaient faibles en comparaison avec les autres études sur les espèces de rapaces, probablement en lien avec le fait que l'étude portait sur des plumes de poussins et non d'adultes. Au delà leur aptitude analytique, les plumes de poussins apparaissent comme biologiquement intéressantes: les concentrations en beaucoup de P.O.P. dans les plumes de jeunes oiseaux, montraient de fortes et significatives corrélations avec les concentrations dans le plasma sanguin chez toutes les espèces (p<0.050; 0.775<r<0.994). De plus, les corrélations notées entre les plumes et le plasma sanguin étaient plus marquées que celles antérieurement observées chez des individus adultes. Les profils d'accumulation et les différences propres aux espèces correspondaient  aux autres études menées sur des espèces d'oiseaux et globalement  en accord avec l'écologie particulière des espèces étudiées. En résumé, nos résultat indiquent que l'utilisation des plumes de poussins des rapaces nordiques est une  technique fiable et non destructrice pour la bio-surveillance des P.O.P. dans leurs écosystèmes.

 

 

 

Blood plasma clinical-chemical parameters as biomarker endpoints for organohalogen contaminant exposure in Norwegian raptor nestlings.

Sonne C1, Bustnes JO, Herzke D, Jaspers VL, Covaci A, Eulaers I, Halley DJ, Moum T, Ballesteros M, Eens M, Ims RA, Hanssen SA, Erikstad KE, Johnsen TV, Rigét FF, Jensen AL, Kjelgaard-Hansen M.

Ecotoxicol Environ Saf. 2012 Jun;80:76-83

 

Paramètres clinico-chimiques du plasma sanguin en tant que critères de bio-marqueurs pour l'exposition aux polluants organiques des poussins de rapaces Norvégiens.

 

Les rapaces sont exposés à la bio-amplification et à la toxicité des composés organo-halogénés (OHC) comme les organochlorés, les retardateurs de flamme bromés et les composés per fluorés. Pour étudier de quelle façon l'exposition aux  O.H.C. peut toucher les processus biochimiques, nous avons collecté du plasma sanguin de poussins d'Autours des palombes (n=56), d'Aigles royaux (n=12), et de Pygargues à queue blanche (n=36), pendant trois saisons d'élevage consécutives. Nous avons constaté que les concentrations de plasma sanguin en calcium, sodium, créatinine, cholestérol, albumine, protéines, urée, phosphate inorganique, taux protéine/créatinine, urée/créatinine and acide urique/créatinine et enzymes hépatiques ALKP and ALAT, étaient positivement corrélés aux PCB, chlordanes, p,p'-DDE, HCB, PFC et/ou PBDE. La bilirubine et le glucose l'étaient négativement avec les PCB alors que le magnésium et le potassium l'étaient négativement avec les  HCB et p,p'-DDE. De plus, les taux protéine/créatinine et ALAT étaient aussi corrélés négativement, respectivement aux PCB et PFC. Les relations, les plus manifestes, se trouvaient chez les très contaminés Autour des palombes et Pygargues à queue blanche. Les relations statistiques entre OHC et BCCP indiquent que les processus biochimiques peuvent être influencés même s'il n'est pas certain que ces perturbations aient un impact sur la santé. Les concentrations en OHC étaient inférieures aux concentrations ayant des conséquences sur la reproduction chez les adultes d'autres espèces de rapaces, mais identiques à celles entrainant une perturbation endocrine des hormones thyroïdes chez le Pygargue à tête blanche, par exemple.

 

 

 

 

The occurrence of second generation anticoagulant rodenticides in non-target raptor species in Norway.

 Langford KH, Reid M, Thomas KV

Norwegian Institute for Water Research, Gaustadallèen 21, NO-0349, Oslo, Norway. kla@niva.no

The Science of the Total Environment

 

L'apparition de rodenticides, anticoagulants, de seconde génération, chez des espèces, non cibles, en Norvège.

 

Les rodenticides anticoagulants (SGAR) de deuxième génération sont fréquemment utilisés pour la lutte contre les rongeurs en Norvège avec pour conséquence l'exposition potentielle d'espèces non-cibles. Dans cette étude, l'apparition de flocoumafen, difenacoum, bromadiolone et brodifacoum, a été mise en évidence dans les foies de cinq espèces de rapaces trouvés morts en Norvège, entre 2009 et 2011. Les SGAR brodifacoum, bromadiolone, difenacoum et flocoumafen, ont été détectés dans le foie chez l'Aigle royal, Aquila chrysaetos, et le Hibou Grand duc,Bubo bubo, avec une concentration de SGAR entre 11 et 225ng/g pour environ 70% des Aigles royaux et 50% des Grands Ducs, examinés dans cette étude. En l'absence de seuil de toxicité aux SGAR, spécifiques aux Aigles royaux et Grands Ducs, un taux >100 ng/g a été retenu comme potentiellement létal, en considérant que l'empoisonnement doit survenir en dessous de ce niveau. Trente pour cent (7/24) des foies des Aigles royaux et des Grands Ducs contenaient des niveaux de résidus de SGAT au dessus de ce seuil. Une autre estimation de l'impact potentiel sur la mortalité dans les populations de rapaces étudiées, n'était pas possibles.

 

 

 

Plasma concentrations of organohalogenated pollutants in predatory bird nestlings: associations to growth rate and dietary tracers.

Bustnes JO1, Bårdsen BJ, Herzke D, Johnsen TV, Eulaers I, Ballesteros M, Hanssen SA, Covaci A, Jaspers VL, Eens M, Sonne C, Halley D, Moum T, Nøst TH, Erikstad KE, Ims RA.

Environ Toxicol Chem. 2013 Nov;32(11):2520-7

 

Concentrations plasmatiques en polluants organo-halogénés chez les jeunes oiseaux de proie: relations entre taux de croissance et marqueurs alimentaires.

L'importance selon laquelle les polluants organiques persistants (POP), aux différentes propriétés physicochimiques, auraient une origine alimentaire (apport alimentaire), a été étudiée chez les jeunes rapaces. Les polychlorobiphenyl (PCB) 153, 1-dichloro-2,2-bis(p-chlorophenyl) ethylene (p,p'-DDE), hexachlorobenzene (HCB), lipophiles et les perfluorooctane sulfonate (PFOS) liés aux protéines, ont été étudiés à plusieurs reprises dans le plasma sanguin de poussins d'Autours des palombes, Accipiter gentilis, et de Pygargues à queue blanche, Haliaeetus albicilla, 1 à 3 semaines après l'éclosion et peu avant l'envol.  Du fait que les  résidus de POP maternels se raréfient au cours de la croissance (dilution par la croissance), l'augmentation des  concentrations plasmatiques indiquerait des entrées alimentaires. En premier lieu, les concentrations plasmatiques sans entrée alimentaire, ont été mesurées, et les concentrations en p,p'-DDE, HCB, et en particulier les PFOS étaient nettement plus élevées que prévues à partir d'un scénario de dilution par la croissance ( environ 1,5/2,5; p < 0.001). Au contraire les PCB 153 baissent chez les deux espèces, alors que les concentrations demeuraient toujours plus élevées que prévu chez les poussins de Pygargues (p < 0.05). Deuxièmement, les relations entre concentrations plasmatiques en POP et position trophique δ(15) N) et source alimentaire de carbone (δ(13) C), ont été analysées, car contrôlant les taux de croissance. Les deux, δ(15) N et δ(13) C (mesurées sur des plumes corporelles) étaient significativement associés à l'accumulation de beaucoup de P.O.P., exceptés les PFOS. En conclusion, les données de polluants obtenues dans le plasma des jeunes rapaces pourraient être interprétées et plus développées à la lumière de l'écologie alimentaire individuelle, et l'utilisation des jeunes rapaces comme sentinelles pour la surveillance des P.O.P. pourrait être optimisée par la correction de différents facteurs tels que la condition physique, la taille de la portée et l'âge.

 

 

 

 

 

 

Ecological and spatial factors drive intra- and interspecific variation in exposure of subarctic predatory bird nestlings to persistent organic pollutants

Eulaers I; Jaspers VL; Bustnes JO; Covaci A; Johnsen TV; Halley DJ; Moum T; Ims RA; Hanssen SA; Erikstad KE; Herzke D; Sonne C; Ballesteros M; Pinxten R; Eens M

Environ Int. 2013 Jul;57-58:25-33

Les facteurs écologiques et spatiaux entrainent des variations intra et inter spécifiques dans l'exposition,  à des polluants organiques persistants, de poussins d'oiseaux prédateurs de la zone sub arctique.

 

Les top-prédateurs des écosystèmes nordiques souffrent de leur exposition aux polluants organiques persistants (POP) alors que cette exposition peut, par synergie, interagir avec un un stress, déjà naturellement élevé dans ces écosystème. Dans cette étude, nous visons à identifier les facteurs biologiques ( sexe, condition physique), écologiques (source de carbone alimentaire, niveau trophique) et spatiaux ( habitat, situation du nid) qui peuvent influencer les variations inter et intra spécifiques d'exposition, des nichées d'oiseaux prédateurs sub-arctiques, aux polychloriné biphenyl 153 (CB 153), polybrominé diphenyl ether 47 (BDE 47), dichlorodiphenyldichloroethylene (p,p′-DDE) and hexachlorobenzene (HCB). Au cours de trois saisons de reproduction (2008-2010), nous avons prélevé des plumes corporelles de nichées mâtures de trois espèces d'oiseaux de proie écologiquement distincts dans la partie sub-arctique de la Norvège: Autour des Palombes, Accipiter gentilis, Pygargue à queue blanche, Haliaeetus albicilla, et Aigle royal, Aquila chrysaetos. Cette étude analyse pour la première fois, les plumes corporelles pour à la fois les P.O.P. et les isotopes stables de carbone (δ13C) et d'azote (δ15N), en fusionnant ainsi la source alimentaire de carbone, le niveau trophique et l'exposition aux P.O.P. pour la plus grande partie de l'étape d'élevage des jeunes.

La variation intra spécifique à l'exposition était soumise à la combinaison de facteurs écologiques et spatiaux, souvent différents pour des composés particuliers. De plus, les combinaisons pour des composés particuliers diffèrent d'une espèce à l'autre. Le niveau trophique et l'habitat sont les indicateurs principaux pour CB 153, p,p′-DDE et BDE 47, la mise en évidence de leurs niveaux de biomagnification et de diminution varie ainsi: côte > fjord > arrière pays. Les variations d'exposition peuvent aussi avoir été induites par des variations inter-annuelles survenues à partir de sources primaires ( par ex. p,p′-DDE) et/ou d'une revolatilisation possible à partir de sources secondaires (par ex. HCB). Les différences inter-spécifiques dans l'exposition aux P.O.P. étaient mieux expliquées par une combinaison de niveau trophique (biomagnification) de source de carbone alimentaire (discrimination de la chaine alimentaire) et situation régionale du nid (contamination ancienne aux POP).

En conclusion, l'analyse combinée des isotopes P.O.P. et stables, dans les plumes corporelles de jeunes proches de l'envol, a permis d'analyser des facteurs écologiques et spatiaux qui orientent l'exposition aux P.O.P. Pendant la plus grande période de la phase d'élevage. cette approche méthodologique continue de promouvoir l'usage très prometteur des plumes corporelles de jeunes oiseaux prédateurs en tant que stratégie non destructrice d'échantillonnage pour intégrer divers proxys écologiques et toxicologiques.

 

 

 

 

Estimation of heavy metal residues from the feathers of Falconidae, Accipitridae, and Strigidae in Punjab, Pakistan

 Shagufta NIGHAT, Shahid IQBAL, Muhammad Sajid NADEEM, Tariq MAHMOOD, Syed Israr SHAH

Turkish Journal of Zoology  2013

 

Estimation des résidus de métaux lourds dans les plumes de Falconidés, Accipitridés, et Strigidés dans le Punjab, Pakistan.

 

Les concentrations en métaux lourds ( Cd, Zn, Ni, Pb, Cu, As) dans des échantillons de plumes de rapaces de 3 familles ont été étudiées dans des zones du sud, centre et nord de la province du Punjab.  Des dépôts de métaux, en quantité significative, variaient dans les familles pour le Cd, Zn, Ni et Pb; de plus ces 4 métaux différaient entre les Accipitridés, et les Falconidés, et entre les Falconidés et les Strigidés. De même, Cd, Ni, et As donnaient des valeurs significativement différentes entre le sud, le centre et le nord du Punjab. Les  Falconidés présentaient des valeurs supérieures de métaux par rapport aux Accipitridés et Strigidés, avec le Faucon crécerelle comme individu le plus sensible. De même, le centre du Punjab apparait comme plus pollué que le nord et le sud de la province. Les concentrations en métal mesurées sont inquiétantes et nécessiteraient une gestion adéquate.

 

 

 

 

Assessing the Diet of the Golden eagle (Aquila chrysaetos) and the Biomagnification of Metals by use of Stable isotope analysis and ICP-MS.

Maiken Reitan

 Department of Biology

Submission date: March 2013

Norwegian University of Science and Technology

 

Etude du régime alimentaire de l'Aigle royal ( Aquila chrysaetos) et bioamplification des métaux par l'utilisation de l'analyse d'isotopes stables et ICP-MS.

 

Les plumes d'Aigles royaux et les tissus musculaires des plus importants types de proies ( lièvre, mouton, tétras, rennes ) contenus dans le régime alimentaire de l'Aigle royal ont été analysés pour rechercher les isotopes stables de Carbone et d'Azote, ainsi que ceux des métaux lourds comme le Plomb, le Cadmium et le Mercure, et aussi les oligoéléments essentiels comme le Sélénium et le Cuivre. Les échantillons ont été obtenus à partir de deux régions dans le centre de la Norvège, une région côtière et une intérieure. Le modèle Bayésien de mélange MixSIR a été utilisé pour calculer la proportion de chacune des proies dans le régime alimentaire de l'Aigle royal. Cette proportion a été utilisée pour calculer la bioamplification des métaux sélectionnés.

Le régime alimentaire de l'Aigle royal modélisé varie en fonction de l'âge et de la région habitée. Comparés aux autres études, les taux de métaux n'étaient pas à des niveaux nocifs. La bioamplification fut retrouvée pour le Plomb et le Mercure. On ne trouve pas de relation significative entre les proportions de mouton dans le régime de l'Aigle royal et les taux de Cu et Hg, et les proportions des tétras et les niveaux de Cu. Par contre, des corrélations sont apparues entre Se et Hg dans les plumes d'Aigles royaux et aussi dans le modèle de régime de l'Aigle royal. Néanmoins, la corrélation est faible et la relation antagoniste entre Se et Hg trouvée dans plusieurs autres études n'apparaissait pas ici. Cette méthode est prometteuse pour l'étude du régime des Aigles royaux. A ma connaissance, aucune étude similaire n'a utilisé cette approche pour évaluer la bioamplification des métaux.

 

 

 

Lead, mercury, selenium, and other trace elements in tissues of golden eagles from southwestern Montana, USA.

Harmata (AR) & Restani (M.)

Journal of Wildlife Disease,49(1),2013:114-24.

 

Plomb, mercure, sélénium et autres oligo-éléments dans les tissus d'Aigles royaux du sud-ouest du Montana

 

Les projectiles en plomb des armes à feu, utilisés en action de chasse ou de tir sportif, se fragmentent au contact des os et des tissus mous. Des fragments de plomb peuvent être absorbés par les oiseaux alors qu'ils consomment des charognes abandonnées ou non-retrouvées, et ainsi présenter un risque d'empoisonnement. Nous avons capturé et échantillonné 74 Aigles royaux, Aquila chrysaetos, dans le sud-ouest du Montana, USA, entre 2008 et 2010, pour évaluer les taux de plomb, mercure, sélénium, et de treize autres oligoéléments dans le sang et les plumes. Le plomb a été trouvé chez la plupart des aigles (97%, n=70), le taux moyen sanguin était de 0,26 ppm. La plupart des aigles (65%) avaient une concentration de fond (<0,2 ppm), 29% un niveau élevé (0,2-0,5 ppm), 13% un niveau chronique (0,51-1,0 ppm) et 3% un taux aigu (>1,0 ppm), dans le sang. La présence du plomb dans le sang diminuait de l'hiver au printemps. Les Aigles résidents avaient un taux sanguin supérieur à celui des aigles d'origine inconnue. Le Mercure a été isolé chez peu d'aigles, alors que le Sélénium est présent chez tous les individus, mais à un faible taux(0,36 ppm). D'autres éléments chimiques présents dans le sang étaient à des niveaux faibles ou normaux. Le plomb dans les plumes (n=29) était relié à sa présence dans le sang (P=0,010), comme le mercure dans le sang et les plumes (n=48, P=0,003). Les concentrations de plomb et de mercure dans les plumes étaient plus importantes chez les adultes que chez les juvéniles ou les immatures (P=0,016) et les deux élément avaient tendance à augmenter avec l'âge. Le Sélénium dans les plumes (n=48) apparait stable dans toutes les classes de plumage. Bien que le taux de détection dans le sang des aigles capturés au printemps augmente de 1985-1993 à 2008-2010, le taux moyen décroit ( P<0,023) entre ces périodes, comme le fait, le pourcentage d'aigles au dessus de la concentration de fond (>ppm; P<0,02).   

 

 

Ecological and spatial factors drive intra- and interspecific variation in exposure of subarctic predatory bird nestlings to persistent organic pollutants

 Eulaers I; Jaspers VL; Bustnes JO; Covaci A; Johnsen TV; Halley DJ; Moum T; Ims RA; Hanssen SA; Erikstad KE; Herzke D; Sonne C; Ballesteros M; Pinxten R; Eens M 2013

 Environ Int. Jul;57-58:25-33.

 

Les top prédateurs dans les écosystèmes nordiques souffrent d'une exposition aux polluants organiques persistants (POP) en même temps que cette exposition interagit synergiquement avec un stress déjà naturellement élevé dans ces écosystèmes. Dans cette étude, nous tentons d'identifier les facteurs biologiques (sexe, état physique), écologiques ( source de carbone alimentaire, niveau trophique) et spatiaux ( habitat local, localisation régionale du nid), qui pourraient influencer les variations, intra et interspécifiques, d'exposition des jeunes des oiseaux de proie aux polychlorobiphényles 153 (CB 153), polybromodiphényléthers 47 (BDE 47), dichlorodiphenyldichloroethylene (p,p'-DDE) ethexachlorobenzene (HCB).

 Pendant trois saisons de reproduction (2008-2010), nous avons échantillonné des plumes de corps de jeunes oisillons déjà grands, de trois espèces écologiquement distinctes de rapaces dans la région subarctique de la Norvège: Autour des palombes, Accipiter gentilis, Pygargue à queue blanche, Haliaeetus albicilla, et Aigle royal, Aquila chrysaetos.

 L'étude analyse, pour la première fois, dans les plumes corporelles, la présence d'isotopes stables de POP,  de carbone (δ(13)C) et d'azote (δ(15)N), ce qui intègre la source de carbone alimentaire, le niveau trophique et l'exposition aux POP pendant une grande partie de l'étape d'élevage des jeunes. La variation intraspécifique était induite par une combinaison de facteurs écologiques et spatiaux, souvent différents pour des composés distincts. De plus, les combinaisons de composés distincts était différentes selon les espèces. Le niveau trophique et l'habitat local étaient les prédicteurs majeurs pour CB 153, p,p'-DDE et BDE 47, leurs taux diminuant selon le modèle cote>fjord>intérieur des terres. La variation d'exposition peut aussi avoir été dictée par des variation interannuelles concernant les sources primaires (par ex.: p,p'-DDE) et/ou une possible revolatilisation à partir de sources secondaires (par ex.: HCB). Les différences interspécifiques pour l'exposition aux POP étaient mieux expliquées par une combinaison de niveau trophique (bioamplification), source de carbone alimentaire (discrimination dans la chaîne alimentaire) et localisation régionale du nid (contamination historique aux POP).

 

En conclusion, l'analyse combinée de POP et d'isotopes stables dans les plumes corporelles chez des jeunes oiseaux a permis d'identifier les facteurs écologiques et spatiaux qui peuvent entrainer une exposition aux POP pendant une grande partie de la période d'élevage. Cette approche méthodologique valorise par ailleurs, l'utilisation prometteuse des plumes de corps des jeunes rapaces  en tant que stratégie non destructrice d'échantillonnage pour intégrer divers facteurs écologiques et toxicologiques.

 

 

 

 

 

Diclofenac is toxic to the Steppe Eagle Aquila nipalensis: widening the diversity of raptors threatened by NSAID misuse in South Asia

 ANIL K. SHARMA, MOHINI SAINI, SHAMBHU D. SINGH, VIBHU PRAKASH, ASIT DAS, R.BHARATHI DASAN, SHAILEY PANDEY, DAULAL BOHARA, TOBY H. GALLIGAN, RHYS E.GREEN, DIETMAR KNOPP and RICHARD J. CUTHBERT 2014

 Bird Conservation International / Volume 24 / Issue 03 / September 2014, pp 282 - 286

  

Trois espèces de vautours en grave danger endémiques du sud de l'Asie poursuivent leur déclin du fait de l'utilisation du diclofenac dans le traitement du bétail. la forte néphrotoxicité du diclofenac sur les vautours, mortelle, a été mise en évidence par l'expérimentation et l'observation, pour quatre sur cinq des espèces de vautours, Gyps.  qui vivent dans le sud de l'Asie. Des diminution ont été aussi observées, dans la même zone, pour quatre autres espèces de vautours non-Gyps, mais, à ce jour, il n'existe pas de preuve de l'importance du diclofenac en tant que cause potentielle. Il n'existe pas de données sur la toxicité du diclofenac sur des Accipitridés autres que les vautours. Dans cette étude, Des lésions importantes ou microscopiques et des taux tissulaires de diclofenac chez des Aigles des Steppes, Aquila nipalensis, trouvés morts près d'un cadavre de bétail dans le Rajasthan, apportent la preuve de la toxicité du diclofenac pour cette espèce. Ces découvertes suggèrent la possibilité que le diclofénac soit toxique pour les autres rapaces de la famille des Accipitridés et constitue, par conséquent, une menace potentielle pour un large éventail d'espèces de charognards du sud de l'Asie.

 

 

 

 

 

 

An overview of existing raptor contaminant monitoring activities

in Europe

P. Gómez-Ramírez R.F. Shore, N.W. van den Brink, B. van Hattum, J.O. Bustnes, G. Duke, C. Fritsch ,

A.J. García-Fernández, B.O. Helander, V. Jaspers, O. Krone, E. Martínez-López, R.Mateo,

P. Movalli, C. Sonne

Environment International 67 (2014) 12–21

 

Un aperçu des programmes de suivi des contaminations chez les rapaces en Europe.

 

La bio surveillance utilisant les rapaces comme sentinelles peut permettre d'attirer rapidement l'attention sur les impacts potentiels des produits contaminants chez l'homme et dans l'environnement, et aussi peut être un moyen d'évaluer la réussite des mesures d'atténuations associées. Les exemples comprennent la détection des affaiblissements des systèmes immunitaires du fait de l'action des métaux lourds, les impacts sur la reproduction liés au PCB et la toxicité liée aux conséquences de l'utilisation du plomb comme munition de chasse. Des autorisations de telles disséminations et la mise en oeuvre de mesures d'atténuation sont de plus en plus accordées en vertu des directives européennes, mais peu de suivi paneuropéen, pour quantifier les résultats, ont abouti. Nous étudions la possibilité, pour le suivi des contaminants, coordonné à l'échelle européenne, d'utiliser les rapaces comme sentinelles. Nous avons fait cela à l'aide d'un questionnaire pour vérifier le barème actuel de l'activité nationale des 44 pays européens. Selon cette étude, il y a eu 52 programmes de suivi des contaminants sur les rapaces au cours des 50 dernières années. Il y avait des programmes actifs dans 15 pays ( majoritairement d'Europe de l'ouest ) et 23 programmes qui ont fonctionné pendant plus de 20 ans, la plupart des suivis étaient menés pendant plus de 5 ans. Des résidus persistants des polluants organiques ( particulièrement des insecticides organochlorés et des PCB) et des métaux/ métalloïdes  ont été contrôlés dans la plupart des 15 pays. Fongicides, retardateur de feu, rodenticides anticoagulants ont été, aussi, fréquemment suivis ( tous au moins dans 6 pays ). La Buse variable, le Faucon crécerelle, l'Aigle royal, le Pygargue à queue blanche, le faucon pèlerin, la chouette hulotte, l'Effraie des clochers ont été souvent étudiés ( chacun dans 6 à 10 pays ). Les plumes et les oeufs ont été largement analysés alors que certains programmes étudiaient d'autres tissus. Notre étude révèle une capacité existante au travers de nombreux pays européens, de contrôler les contaminants par le biais des rapaces. Néanmoins la coordination entre les programmes existants et le développement de ces suivis vers l'Europe de l'Est sont nécessaires. Cela permettrait l'évaluation de la conformité de la régulation Européenne des substances qui sont dangereuses pour l'homme et son environnement, de l'efficacité des politiques de limitation au niveau européen, et d'identifier les variations spatiales européennes et paneuropéennes des actuels et nouveaux contaminants préoccupants.

 

 

 

 

Lead and eagles: demographic and pathological characteristics of poisoning, and exposure levels associated with other causes of mortality.

 J Christian Franson , Robin E Russell

 Ecotoxycology (Impact Factor: 2.77). 08/2014;

 

 Nous avons mené une analyse rétrospective pour évaluer les critères démographiques et pathologiques concernant 484  Pygargues à tête blanche, Haliaeetus leucocephalus,  et 68 Aigles royaux, Aquila chrysaetos,  considérés comme morts d'une intoxication aiguë au plomb dans le Centre de Santé de l' U.S. Geological  Survey National Wildlife. Dans le cadre de notre étude, nous avons comparé les spécificités des Aigles morts de saturnisme avec celles des Aigles morts d'autres pathologies. Les chances de morts de saturnisme étaient plus importantes pour les Pygargues que pour les Aigles royaux, pour les femelles plus que les mâles, les adultes que les jeunes, et pour les aigles du Mississippi et de la voie migratoire centrale davantage que pour ceux migrants par les voies Atlantiques et pacifiques. En plus des associations spatiales, spécifiques et démographiques, nous avons relevé une tendance temporelle distincte concernant les dates de recueil des cadavres de Pygargues victimes d'intoxication aiguë au plomb. Ces cadavres étaient collectés plus fréquemment en fin d'automne et en hiver qu'au printemps et en été. Les lésions chez ces oiseaux empoisonnés étaient l'émaciation (perte de poids), des signes de stase biliaire, détérioration et nécrose du myocarde, et pour les tubules rénaux, néphrose et nécrose. Des fragments ingérés de munition de tir ont été trouvés chez 14,2% des Pygargues et 11,8% des Aigles royaux. La moyenne globale de concentration de plomb dans le foie ( sur base de poids humide), pour les aigles avec un diagnostic d'empoisonnement, était de 28.9 ± 0.69 SE mg/kg pour les Pygargues et de 19.4 ± 1.84 SE mg/kg pour les Aigles royaux. Pour les aigles diagnostiqués comme morts par choc, électrocution, empoisonnement (autre que le plomb), amaigrissement, maladie infectieuse, piégeage, autres ou causes indéterminées, la moyenne des concentrations hépatiques en plomb était basse (<1 mg/kg) et ne variait pas en fonction des causes de mortalité. En conclusion et suivant les données, nous ne trouvons pas de preuve que  l'exposition au plomb des Aigles les prédispose à d'autres causes de mortalité.

 

 

 

 

Polybrominated diphenyl ethers in bald (Haliaeetus leucocephalus) and golden (Aquila chrysaetos) eagles from Washington and Idaho, USA.

 Spears BL1, Isanhart J. 2014

 Environ Toxicol Chem. 33(12):2795-801.

 

Les Polybromodiphényléthers chez le pygargue à tête blanche, Haliaeetus leucocephalus, et l'Aigle royal, Aquila chrysaetos, dans les états de Washington et Idaho, Etats Unis.

 

 Les Polybromodiphényléthers ( PBDE ) sont peu connus quant aux conséquences de leur exposition ou leur accumulation chez les deux espèces d'Aigles présents en Amérique du Nord. Les auteurs ont analysé les foies de 33 Pygargues et de 7 Aigles royaux, récupérés dans les Etats de Washington et Idaho, pour 51 congénères des PBDE.  La totalité des  PBDE variait de 2.4 ng/g à 9920 ng/g (poids humide). Les Pygargues et les Aigles royaux proches de zones urbaines avaient les plus fortes concentrations; les oiseaux issus des zones les moins habitées avaient les plus faibles. Les profils des congénères présents dans cette étude (bromodiphényléthers [BDE]-47, BDE-99, BDE-100, BDE-153, and BDE-154 concentrations principales) étaient identiques à ceux identifiés chez d'autres espèces d'oiseaux, en particulier les rapaces. Néanmoins les auteurs ont trouvé d'importantes concentrations de BDE-209 chez les Aigles royaux et  BDE-77 pour les deux espèces. Les profils identifiés chez les Pygargues s'apparentaient à ceux trouvés dans des filets de poissons collectés globalement dans les mêmes secteurs de l'état de Washington, suggérant une exposition locale basée sur une contamination; tandis que les profils pour les échantillons d' Aigles royaux suggèrent une différence dans la chaine trophique rendue possible par transport atmosphérique et dépôt de BDE-209 et de ses produits de dégradation dans le système terrestre. Les données de cette étude représentent les premières informations sur l'impact des PBDE sur les Aigles, juvéniles ou adultes, en Amérique du Nord. Les fortes concentrations hépatiques associées aux vastes secteurs urbanisés et l'accumulation de congénères de deca-BDE sont des sujets de préoccupation.

 

 

 

 

The frequency distribution of lead concentration in feathers, blood, bone, kidney and liver of golden eagles Aquila chrysaetos: insights into the modes of uptake.
Jenni, L., M.M. Madry, T. Kraemer, J. Kupper, H. Naegeli, H. Jenny & D. Jenny 2015

 J Ornithol DOI 10.1007/s10336-015-1220-7

 

Plusieurs cas d'empoisonnement aigus au plomb d'Aigles royaux, Aquila chrysaetos, ont été identifiés dans les Alpes. La question demeure de la contamination des Aigles royaux (occasionnelle, chronique ou épisodique) et si cette absorption a des conséquences létales ou sub-létales. Nous étudierons cette question en examinant le niveau et la distribution statistique de concentration en plomb dans les différents tissus et dans trois segments de plumes de vol, chez 41 Aigles royaux trouvés morts, blessés ou moribonds dans les Alpes Suisses. La distribution statistique des concentrations de plomb dans le sang, le foie, les reins, les tiges et vexilles des rémiges était entièrement biaisée à droite. Les plus hautes valeurs dans le sang, les reins et le foie, atteignaient des taux caractéristiques d'empoisonnement aigu mortel. Au contraire, la répartition du plomb dans les os était plus symétrique, mais 71% avait des concentrations de plomb dans les os de 10 lg/g, ce qui est considéré comme élevé, et 29% de 20 lg/g, valeurs souvent observées lors d'empoisonnements mortels. Pour 22% des individus, un seul segment des rémiges avaient une forte concentration en plomb, alors que les 2 autres segments avaient de faibles concentrations. Ces résultats montrent une absorption épisodique de plomb de quantité variable qui peut être immédiatement mortelle ( entrainant un taux sanguin élevé) ou sub-létale. Les configurations de plomb dans les rémiges et les os suggèrent une absorption de plomb, sub-létale et répétée, par le même individu. De telles absorptions épisodiques de plomb ne semblent possible que par l'ingestion de particules de plomb issues de cadavres ou d'abats abandonnés par des chasseurs. Cela constitue aussi un risque pour les autres charognards, en particulier le Gypaète barbu, Gypaetus barbatus, chez lequel plusieurs taux élevés de plomb dans les os ont été relevés.

 

 

Lead, Mercury, and DDE in the Blood of Nesting Golden Eagles in the Columbia Basin, Washington

 James W. Watson and Robert W. Davies 2015

 Journal of Raptor Research Jun 2015 : Vol. 49, Issue 2, pg(s) 217-221

 

L'intoxication entrainée par l'ingestion de Plomb (Pb) est un problème en augmentation pour les populations d'Aigles royaux, Aquila chrysaetos, dans l'Ouest de l'Amérique du Nord. Nous avons analysé des échantillons de sang en étudiant les taux de Pb, mercure (Hg) et des composés organochlorés (CO) de 17 individus adultes d'Aquila chrysaetos capturés entre 2005 et 2013 dans le Basin de Columbia à l'est de Washington. La majorité (65%) des aigles présentait des taux élevés de Pb, dont 24% avec des doses indiquant une exposition chronique au Pb qui peut entrainer des effets cliniques. Les niveaux de Hg et CO étaient bas. Nous suggérons qu'il apparait des raisons de s'inquiéter pour les potentiels effets de l'absorption de Pb sur la population reproductrice d'Aquila chrysaetos et suspectons que la source la plus probable de Pb, dans cette région, est constituée par les cadavres de gibier, tués par balle, qui sont très nombreux disponibles pour les aigles qui cherchent de la nourriture.

 

 

 

Lead and Mercury in Fall Migrant Golden Eagles from Western North America

 Heiko W. Langner, Robert Domenech, Vincent A. Slabe, Sean P. Sullivan 2015

 Archives of Environmental Contamination and Toxicology Volume 69, Issue 1, pp 54–61

 

L'exposition au plomb à partir de fragments de balles est un grave danger environnemental pour les aigles. Nous avons mesuré les taux sanguins de plomb (BLL) chez 178 Aigles royaux, Aquila chrysaetos, capturés durant la migration d'automne le long du principal courant migratoire Nord Américain. Ces aigles passaient la saison reproductrice dans des territoires très vastes et sont donc un échantillon tout à fait représentatif des aigles royaux libres du continent. Nous avons trouvés 58% de ces aigles avec des  BLL > 0.1 mg/L; 10% étaient cliniquement empoisonnés au plomb avec des BLL  > 0.6 mg/L; et 4% avaient atteint une dose mortelle avec des BLL > 1.2 mg/L. Il n'y avaient pas de différences statistiques de BLL entre les Aigles royaux et les Pygargues à tête blanche , Haliaeetus leucocephalus. Les Aigles royaux capturés sur des cadavres avaient des BLL supérieurs à ceux capturés à l'aide d'appâts vivants, ce qui suppose des habitudes alimentaires différentes entre les individus. Les BLL moyens augmentaient avec la classe d'âge. Nous proposons un modèle conceptuel d'augmentation de BLL après ingestion de particules de plomb. Le taux moyen de plomb dans le sang chez l'aigle royal était de 0,023 mg/L. Nous avons évalué un test de terrain pour BLL basé sur la voltampérométrie inverse anodique. Cette méthode économique et rapide était correspondait aux résultats obtenus par spectrométrie de masse avec plasma à couplage inductif (ICP-MS), bien que les résultats nécessitaient d'être corrigés à chaque calibration du kit de test.

 

 

 

Lead Exposure and Effects in Golden Eagles in the Pacific Northwest: Implications for Western Golden Eagle Population Management

 

GARTH HERRING. COLLIN EAGLES-SMITH,

 U.S.A. JEREMY BUCK,

 BRIAN WOODBRIDGE,. DAVID LEAL, 2015

 Raptor Research Foundation | 2015 Annual Conference p  36

 

L'exposition au plomb est un risque majeur pour la protection des rapaces dans l'ouest des États Unis. Le Plomb est une menace particulière pour les rapaces comme les Aigles royaux, Aquila chrysaetos, qui consomment des cadavres d'animaux tués par des chasseurs, des gibiers non retrouvés et des carcasses de nuisibles. Tout indique que les Aigles royaux juvéniles et adultes, dans le nord-ouest du Pacifique, peuvent être en permanence exposés au plomb tout au long de l'année. Néanmoins, nous savons peu de choses sur leur exposition au Pb pendant la période d'élevage, lorsque surviennent en même temps une croissance rapide et le développement neurologique. Afin de quantifier le risque d'exposition au Pb des jeunes aigles royaux, nous avons échantillonné des nichées de Californie, Idaho et Oregon, pendant la période 2013-2015. Nos objectifs étaient de vérifier si les concentrations de Pb chez les Aigles royaux étaient considérées comme des empoisonnements létaux ou sub-létaux, de corréler les concentrations en Pb avec la biochimie héminique (deltaaminolevulinic acid dehydratase) pour déterminer si les poussins montraient une réponse toxicologique, et d'identifier les modèles potentiels spatiaux ou temporels d'exposition au PB pouvant correspondre avec des origines de Pb.

 

Les premiers résultats suggèrent qu'il existe des différences régionales significatives dans l'exposition au Pb; les concentrations étaient plus élevées en Californie, et semblables en Idaho et Orégon. L'exposition au Pb ne variait pas en fonction de l'âge des poussins, suggérant que le Pb devait être disponible de façon équivalente pendant toute la période d'élevage. En particulier, les premières données suggèrent que 23% et 11% des poussins avaient des concentrations dépassant, respectivement, 5 or 10 μg/dL.

 

 

 

 

 

 

Blood-lead levels of Golden Eagles (Aquila chrysaetos) and Bald Eagles (Haliaeetus leucocephalus) wintering in Montana’s Bitterroot Valley

 

ROBERT DOMENECH, and ADAM SHREADING, 2015

 Raptor Research Foundation | 2015 Annual Conference p 74

  

Le Plomb a été bien défini comme présentant un grave danger environnemental pour les aigles et d'autres espèces de prédateurs aviaires, opportunistes ou charognards. L'utilisation de munition au plomb pour le gibier d'eau sur les zones fédérales ou nationales a été interdite en 1991 en raison des risques d'empoisonnement chez le Pygargue à tête blanche, l'Aigle royal et de nombreuses espèces d'oiseaux d'eau. A ce jour, cela était considéré comme la source principale du risque lié au Pb. Plus près de nous, l'intoxication au plomb à partir de fragments ingérés de munition à grenaille et de balles a été identifiée comme principale cause de décès chez le Condor de Californie, Gymnogyps californianus, entrainant l'interdiction de munitions au plomb dans la California Condor Recovery Zone. Une autre étude en cours sur le Grand Corbeau , Corvus corax, et le Pygargue à tête blanche, dans le Wyoming, a montré une corrélation directe entre le taux élevé de Pb dans le sang et le début de la saison de chasse. En fait, il existe des preuves accablantes montrant que la toxicité du Pb est  toujours répandue dans l'environnement et de nombreuses données désignent les munitions au plomb comme son origine. Nous avons examiné le sang de 32 Aigles royaux et 11 Pygargues à tête blanche capturés sur leurs territoires d'hivernage dan la Bitterroot Valley, de 2011 à 2014. Quatre-vingt six pour cent des aigles examinés montaient des concentrations sanguines plus élevées que les taux normaux. Ces résultats préliminaires suggèrent que l'exposition au Pb est fréquente parmi les aigles des latitudes nord, hivernant dans Bitteroot Valley.

 

 

 

 

 

Nationwide Blood Lead Levels of North American Golden Eagles

 

VINCENT A. SLABE  2015

 Raptor Research Foundation | 2015 Annual Conference p 84

 

Le Plomb est fréquent dans l'environnement, particulièrement en association avec les activités humaines. Malgré un accroissement des contrôles sur l'utilisation du plomb dans les produits destinés à la consommation ou industriels, l'intoxication au plomb est toujours l'un des principaux problèmes de santé de la vie sauvage à l'échelon national. L'empoisonnement au Pb est particulièrement problématique pour les charognards aviaires, parmi lesquels l'Aigle royal, qui absorbe le plomb dans les abats, les carcasses et les gibiers blessés. Pour évaluer les modèles nationaux d'exposition au Pb, nous avons capturé, puis pratiqué des tests, sur plus de 300 Aigles royaux d'Amérique du Nord. Nos objectifs de recherche étaient d'examiner les modèles spatiaux, temporaux et en relation avec l'âge, d'exposition au plomb et d'identifier les mécanismes spécifiques de cette exposition par le biais d'une analyse des isotopes de plomb. Les taux de Pb des Aigles royaux d'Amérique du Nord diffèrent selon la région, la saison et la classe d'âge,  et la composition en isotopes de Pb varie aussi régionalement. Ces modèles suggèrent que l'empoisonnement au Pb n'affecte pas tous les charognards aviaires de la même manière, et que les voies d'exposition peuvent différer de façons diverses  et inattendues. La prévalence de Pb chez les Aigles royaux identifie les possibilités potentielles d'une gestion améliorée des sources anthropogéniques de PB, et leurs impacts sur la faune sauvage et les êtres humains, en Amérique du Nord.

 

 

Excessive lead burden among golden eagles in the Swiss Alps

 Milena MMadry, Thomas Kraemer, Jacqueline Kupper, Hanspeter Naegeli, Hannes Jenny, Lukas Jenni and David Jenny

 Environ. Res. Lett. 10 (2015) 034003

 

Concentration excessive de plomb chez les Aigles royaux dans les Alpes Suisses

 

Les résidus de munitions au plomb présentent un risque d'empoisonnement pour les prédateurs comme les Aigles royaux qui exploitent des cadavres de gibiers non retrouvés ou d'abats laissés par les chasseurs. Trois Aigles royaux ont été trouvés dans les Alpes Suisses avec une intoxication saturnine aiguë. Pour étudier à quel point ces quelques cas d'intoxication au plomb de l'Aigle royal sont des incidents exceptionnels ou dans quelle mesure la population Alpine d'Aigles royaux est touchée par le saturnisme à un degré sub-létal, nous avons mesuré les charges corporelles chez des Aigles royaux Suisses comparés à celles de Hiboux Grands Ducs des mêmes secteurs et à leurs proies respectives. Ces deux espèces de rapaces diffèrent dans leur régime alimentaire du fait que les hiboux se nourrissent uniquement de proies capturées vivantes. Les taux de plombs dans les tissus mous étaient significativement plus élevés  chez les Aigles royaux (en moyenne 1,14 µg g­¹ masse sèche dans le foie, 0,99 µg g­¹ dans les reins) que chez les Grand Ducs ( 0,14 et 0,23 µg g­¹) . Les os des Aigles royaux contenaient dix fois plus de plomb (en moyenne 12,45 µg g­¹ masse sèche) que chez les Grand Ducs ( 1.28 µg g­¹) ce qui donne des taux significativement plus élevés qu'envisagés pour les Aigles royaux. Les os des proies communes aux Aigles royaux et aux hiboux Grand Ducs avaient des concentrations en plombs plus faibles. Pour étudier si le plomb présent chez les Aigles royaux provenait de munitions de tir ou d''une pollution environnementale, nous avons étudiés les rapports isotopiques du plomb. Les signatures de l'isotope de plomb présent dans les os d'Aigles royaux étaient très semblables à celles des munitions, mais différaient de celles des os de leurs proies, des Hiboux Grand Ducs et des prélèvements de sol. Les signatures d'isotopes ne changent pas en fonction de l'augmentation de taux de plomb osseux chez l'aigle royal ou chez aucun des autres groupes étudiés. Ces études montrent que dans les Alpes, la plupart des Aigles royaux absorbent du plomb à partir de munition de tir dans les cadavres ou leurs abats, en quantité sub-létales  tout au long de leur vie et pour quelques uns en doses mortelles induisant un saturnisme aigu.

 

 

Évolution temporelle des concentrations de mercure dans les plumes d’oiseaux de proie au Québec

Louise Champoux, Jean Rodrigue, Guy Fitzgerald, François Bilodeau

Le Naturaliste canadien Volume 139, numéro 1, hiver 2015, p. 65-73

 

Des analyses de mercure ont été effectuées sur des plumes de 7 espèces d’oiseaux de proie récoltées au Québec entre les années 1906 à 2002. Une diminution temporelle des concentrations a été observée chez les aigles royaux et les autours des palombes. Chez les jeunes balbuzards pêcheurs élevés à proximité des réservoirs hydroélectriques, une diminution des concentrations de mercure d’environ 33 % est observée entre 1989-1991 et 1997. Cette diminution serait liée à la baisse des concentrations de mercure chez les poissons vivant dans les réservoirs. Les espèces se nourrissant dans les milieux aquatiques, le pygargue à tête blanche et le balbuzard pêcheur, présentent des concentrations de mercure de 2 à 30 fois plus élevées que celles qui s’alimentent en milieux terrestres. Chez le pygargue à tête blanche, les concentrations apparaissent élevées et augmentent avec l’âge des oiseaux échantillonnés.

 

 

 

LES INTOXICATIONS DES RAPACES DUES AUX ACTIVITES HUMAINES EN FRANCE

 Pinasseau, Marie

 Thèse d'exercice, Médecine vétérinaire,

 Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse - ENVT, 2015, 127 p

 

Les rapaces, prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire, sont sensibles à la pollution de l’environnement Ce sont d’ailleurs des espèces bio-indicatrices utilisées dans l’évaluation de la pollution environnementale due aux activités humaines. Avec l’industrialisation et la modernisation de la France, de nombreux produits sont utilisés et libérés dans la nature. Certains d’entre eux sont toxiques, persistants et bio-accumulatifs, menaçant ainsi les populations de rapaces.

 Ce travail présente les différents toxiques rejetés dans l’environnement en France ayant des effets néfastes sur les rapaces à l’échelle de l’individu ainsi qu’à celle de la population. Sont ainsi abordés certains pesticides, médicaments vétérinaires, polluants organiques persistants et éléments traces métalliques impliqués dans des cas d’intoxication en France. Ils participent tous au déclin de certaines populations de rapaces et leur présence dans l’environnement est l’objet de surveillance par certains organismes de protections

 

 

 

 

 

Estimating Survival and Determining Causes of Mortality of Golden Eagles in South-Central Montana

 Ross Crandall, Derek Craighead, Bryan Bedrosian 2016

 Intermountain Journal of Sciences Vol. 22, No. 4, p100

 

La crainte concernant les Aigles royaux, Aquila chrysaetos, dans l'Ouest,  a été le résultat d'estimations contradictoires sur l'évolution de la population et d'une possible augmentation des risques comprenant, mais pas uniquement, le développement des énergies éoliennes. L'estimation de survie des Aigles royaux et l'identification des causes de mortalité peuvent servir à évaluer la santé des populations d'Aigles royaux nicheurs et à décider de mesures d'atténuation si nécessaire. A ce jour, il existe peu d'informations sur la survie des Aigles royaux en Amérique du nord. De plus, les causes identifiées de mortalité des Aigles royaux sont souvent liées à l'opportunité de trouver les oiseaux morts, créant un biais potentiel qui doit être diminué grâce à l'usage de la télémétrie satellitaire. Nus avons équipé 17 adultes et 13 aiglons avec des transmetteurs satellitaires de 2011 à 2014 à proximité de Livingstone, Montana, pour évaluer la survie et déterminer les causes de mortalité. Nous avons utilisé des modèles multistates pour évaluer la survie, sur des périodes de temps distinctes, à la fois pour les adultes et les jeunes. Les premiers résultats montraient que nos estimations de survie étaient conformes à celles de rapaces identiques, à longue espérance de vie et à faible taux reproducteur. La mortalité des Aigles royaux dans notre étude était la conséquence d'empoisonnement. Nos estimations de survie étaient cohérentes avec la densité stable d'Aigles royaux nicheurs dans notre zone d'étude et les principales causes de mortalité différaient de celles des études basées sur la collecte.

 

 

Metabolism of aceclofenac in cattle to vulture-killing diclofenac

 Galligan, T.H., Taggart, M.A., Cuthbert, R.J., Svobodova, D., Chipangura, J., Alderson, D., Prakash, V.M. & Naidoo, V. 2016
Conservation Biology 30: 1122-1127

 

 

Le diclofenac, anti-inflammatoire non-stéroidien (NSAID), est un produit fortement toxique pour les vautours, Gyps, et sa large utilisation, dans le sud de l'Asie, a entrainé un déclin catastrophique pour au moins 3 espèces de rapaces charognards. La fabrication de ces produits pharmaceutiques contenant du diclofenac a depuis été interdite de la thérapie vétérinaire dans le sud de l'Asie. l'Aceclofenac est l'un de ces composés et il est connu qu'il est métabolisé en diclofenac chez certaines espèces de mammifères. La voie métabolique de l'aceclofenac pour le bétail, première nourriture des vautours en Asie du sud, n'est pas connue. Nous avons administré à 6 bovins la dose préconisée d'aceclofenac (2mg/kg), puis effectué des prélèvements sanguins jusqu'à 12h post administration, et enfin , par chromatographie liquide avec spectrométrie de masse, analysé l'aceclofenac et le diclofenac dans le plasma. Presque tout l'aceclofenac administré au bovins  a été très rapidement métabolisé en diclofenac. Au bout de 2h, la moitié de l'aceclofenac était transformé en diclofenac, et en 12h les trois quart avaient été transformé. Par conséquent, l'administration d'aceclofenac au bétail, présente les mêmes risques pour les vautours que l'usage de diclofenac. Ceci, associé au fait que l'aceclofenac puisse remplacer le diclofenac sur le marché vétérinaire, souligne la nécessité d'une interdiction immédiate de toutes les formulations de l'aceclofenac pouvant être utilisé pour traiter le bétail. Faute d'une telle interdiction, le sauvetage des vautours du sud de l'Asie ne réussira pas.

 

 

 

 

 

Occurrence of veterinary pharmaceuticals in golden eagle nestlings: Unnoticed scavenging on livestock carcasses and other potential exposure routes

 G Blanco, A Junza, D Barrón  2017

 Science of The Total Environment, Volume 586, 15 May 2017, Pages 355-361

 

L'exposition de la faune sauvage aux produits pharmaceutiques peut survenir par le biais d'une eau contaminée, ainsi que par les excréments et les cadavres de bétail traité, avec potentiellement une bioaccumulation et un transfert via les réseaux trophiques. Nous avons évalué dans quelle mesure l'exposition des aiglons à des produits pharmaceutiques peut survenir lors de l'apport de nourriture au nid chez l'Aigle royal, Aquila chrysaetos, qui est un top-prédateur et un charognard occasionnel. En dépit du fait que les analyses du régime alimentaire suggèrent une faible dépendance par rapport au cadavres de bétail se limitant à deux restes de porcelets (1,5% des restes de nourriture, n=134), une forte proportion de jeunes oiseaux (71%, n=7) présentaient des résidus de fluoroquinolones dans le plasma, principalement de l'enroflaxine, qui est strictement réservée à l'usage vétérinaire. La fréquence et la concentration  (54.5 ± 6.6 μg·L− 1) des fluoroquinones dans le plasma étaient identiques à celles trouvées chez les jeunes de trois espèces de vautours fortement dépendants des cadavres de bétail trouvés sur les placettes de nourrissage qui sont emménagées pour la conservation de leurs populations. Bien que le nombre d'aiglons analysés soit comparativement faible, le fait que l'enroflaxine soit retrouvée dans tous les nids échantillonnés au cours de trois saisons de reproduction, suggère une exposition aux médicaments similaire à celle des vautours. Une sous estimation du rôle des carcasses, en particulier des petits porcelets dont la consommation a pu passer inaperçue, ainsi que la prédation sur des proies semi-domestiques ou des proies généralistes consommatrices de cadavres de bétail médicamenté, peuvent contribuer à expliquer la fréquence importante et inattendue de ces médicaments chez les aiglons.

 

 

 

 

Sub-lethal lead exposure alters movement behavior in free-ranging Golden Eagles

 F Ecke, NJ Singh, JM Arnemo, A Bignert, B Helander

 Environmental Science & Technology …, 2017

 

L'intoxication au plomb des animaux par l'ingestion de fragments de munitions de chasse à base de plomb contenus dans des cadavres et des restes de gibiers tués est globalement bien connue et provoque de fortes craintes sur les effets comportementaux potentiels conduisant à une augmentation des risques de mortalité. Les taux de plomb dans le sang étaient corrélées avec l'avancée de la saison de chasse à l'orignal. En nous basant sur l'analyse des données de suivi, nous avons trouvé que même des concentrations sublétales de plomb dans le sang (25ppb, poids humide) peut avoir un probable effet négatif sur les déplacements (hauteur de vol et trajets) d'Aigles royaux, Aquila chrysaetos. Les taux de plomb dans le foie de cadavres d'Aigles recueillis et autopsiés suggéraient qu'une exposition sublétale augmente le risque de mortalité chez cet oiseau. De tels effets négatifs sont probablement communs à d'autres animaux là où la chasse avec des munitions au plomb est pratiquée. Notre étude met en évidence que l'exposition au plomb représente un plus sérieux danger pour la protection de la faune sauvage qu'envisagé préalablement et suggère la mise en œuvre de l'interdiction des munitions au plomb pour la chasse.