Aigle royal, Golden eagle, Aguila real, Aquila chrysaetos, Femelle Adulte Pyrénées France
Aigle royal, Golden eagle, Aguila real, Aquila chrysaetos, Femelle Adulte Pyrénées France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Afin de simplifier la lecture des nouveaux articles, je les enregistre sur cette page avant de les répartir dans les chapitres ou sous chapitres correspondants.

 

 Bonne lecture

 

 

 

 

 

 

 

Modeling Late-Summer Distribution of Golden Eagles (Aquila chrysaetos) in the Western United States.

 Ryan M. Nielson, Robert K. Murphy, Brian A. Millsap, William H. Howe, Grant Gardner 2016

 PLoS ONE 11(8)

 

 

Le développement croissant de l'ouest des Etats Unis (USA) est préoccupant en ce qui concerne ses effets sur la faune sauvage; l'Aigle royal, Aquila chrysaetos, est particulièrement concerné par cette problématiques. La connaissance de l'abondance et de la distribution de l'Aigle royal dans cette zone doivent être améliorées pour permettre l'identification et la protection de secteurs d'importance majeure pour l'espèce.

 

Nous avons employé des méthodes d'échantillonnage et de lecture de marques à distance pour estimer l'abondance des Aigles royaux à partir de relevés aériens de transects linéaires effectués dans quatre  Bird Conservation Regions de l'ouest des USA entre le 15 aout et le 15 septembre entre 2006 et 2010, 2012 et 2013. Pour analyser les relations entre habitat et Aigles royaux à ce niveau, nous avons modélisé les comptages d'aigles royaux observés au cours des suivis 2006-2010, corrigés du degré de probabilité de détection, et utilisé la couverture végétale et d'autres facteurs environnementaux comme variables prédictrices dans des unités d'échantillonnage de 20km² choisies au hasard dans les transects d'inventaire. Nous avons trouvé la preuve d'une corrélation positive entre l'intensité d'utilisation par les Aigle royaux et l'altitude, l'ensoleillement et la vitesse moyenne des vents, et d'une corrélation négative avec la proportion d'un environnement forestier ou de plantations. Le modèle d'utilisation de l'habitat prédit a été observé durant les suivis menés en 2012 et 2013. Nous avons utilisé ce modèle pour établir une carte de prévision d'intensité d'utilisation par les Aigles royaux  au cours de la fin de l'été sur environ 2 millions de km² de la zone d'étude. Cette carte pourra être utilisée pour établir les priorités de choix des secteurs sur lesquels devront se porter les efforts de conservation, pour identifier les zones où des efforts de limitation seraient plus adaptés, et des zones où des recherches supplémentaires et des suivis seraient nécessaires.

 

De plus, notre carte pourrait être utilisée pour mettre en place des estimations de densité spécifiques (par ex. à l'échelle d'un état) basées sur les derniers données d'abondance des Aigles royaux à partir de suivi de fin d'été,  et aider à la définition d'unités géographiques de gestion de l'espèce.

 

 

 

 

 

Dispersal and Survival of Juvenile Golden Eagles (Aquila chrysaetos) from Finnmark, Northern Norway

 Torgeir Nygård, Karl-Otto Jacobsen, Trond Vidar Johnsen, and  Geir Helge Systad

 Journal of Raptor Research 50(2):144-160. 2016

 

 

L'Aigle royal, Aquila chrysaetos, en Fennoscandie, est caractérisé par une vaste aire de reproduction . En Norvège, dans le Finnmark, elle s'étend du 58° au sud jusqu'au 71°, constituant la population reproductrice de l'espèce la plus septentrionale. De 2002 à  2011 nous avons marqués dans le Finnmark 25 aiglons âgés de 7 à 11 semaines à l'aide de transmetteurs satellites pour connaître leurs comportement de dispersion et leurs déplacements. Environ la moitié des oiseaux ont effectué des mouvements de dispersion préliminaires à plus de 10km des nids, avant de s'éloigner définitivement. La date moyenne de dispersion définitive était aux environ du 21 octobre. La direction principale de dispersion était le sudvers les zones forestières et agricoles de Suède, mais quelques oiseaux se sont aussi dirigés vers la Finlande, la Russie et les cotes norvégiennes. La distance maximale de dispersion des la zone natale a été d'environ 1500km. Il existait un mouvement de retour au printemps, avec des distances moyennes de déplacement de 20 à 30km par jour. Le modèle de migration automnale vers le sud et de retour printanier vers le nord se répétait au cours des années suivantes. Le taux global de survie était estimé à 58% au cours de la première année, et 50% survivaient à la deuxième année. Néanmoins, les oiseaux nés dans l'intérieur avaient des taux de survie supérieurs à ceux des oiseaux nés dans les îles plus septentrionales, et ils se dispersaient aussi plus tôt que les oiseaux nés dans les territoires côtiers. La destruction illégale d'Aigles royaux dans le nord de la Suède était responsable de la mortalité.

 

 

 

 

 

 

Parental investment in two large raptors breeding in a high prey density area

 E Bassi, P Trotti, M Brambilla, F Diana, F Sartirana, L.Galli, L. Pedrotti 2017

  Journal für Ornithologie, 2017  vol. 158, no2, pp. 549-559

 

Nous avons étudié le comportement reproducteur du Gypaète barbu, Gypaetus barbatus, et de l'Aigle royal, Aquila chrysaetos, entre 2008 et 2011 dans le parc National de Stelvio (Alpes, Italie), qui abrite l'une des plus fortes densités d'ongulés sauvages des Alpes. Les comportements parentaux ( incubation et  couvaison, assiduité au nid, relèves, apports de nourriture et nourrissage de la couvée) ont été enregistrés sur les nids pour les deux espèces (4 couples de Gypaètes et 14 couples d'Aigles royaux) Des différences d'investissements en fonction des sexes et des périodes ont été observées dans les deux espèces: le temps passé lors de l'incubation et l'assiduité au nid étaient supérieurs chez les femelles et décroissaient avec l'avancée de la saison de reproduction ( de l'incubation à la période post-natale et à la période pré-envol). Une influence significative de l'interaction entre sexe et période a aussi été observée. Comparativement à la littérature, nos résultats suggèrent une plus faible participation des mâles chez le Gypaète barbu, alors que les mâles Aigles royaux sont plus présents pendant l'incubation et la couvaison que décrit. L'investissement supérieur des mâles Aigles royaux dans notre zone d'étude peut être en relation avec la grande disponibilité de proies vivantes et de cadavres d'ongulés qui pourrait permettre aux mâles de passer moins de temps en chasse et donc, plus de temps au nid. La plupart des relèves chez les deux espèces ont lieu aux milieu de la journée. Aucune différence dans les apports de nourriture n'a été observé entre les sexes des deux espèces, conformément aux données connues pour les Gypaètes barbus mais pas à celles concernant les Aigles royaux. Les modèles que nous avons trouvés révèlent un investissement non conforme des femelles ( inattendu chez le Gypaète barbu), alors que les mâles contribuaient significativement aux tâches de la période de nidification, particulièrement pendant la période d'incubation (inattendu chez l'Aigle royal). Les grandes quantités de proies naturelles et de charognes dans la zone d'étude pourraient influer sur le comportement au nid de ces grands rapaces.

 

 

 

 

Breeding dynamics of a Golden Eagle (Aquila chrysaetos) population in the boreal forest of Sweden

 E.-L. Daouti – 2017

 Department of Wildlife, Fish, and Environmental studies

 Umeå

 

La réussite de politiques de conservation et de gestion des Aigles royaux, Aquila chrysaetos, nécessite un connaissance approfondie de leurs paramètres démographiques. L'espèce est considérée, en Suède, comme quasi-menacée, et les dangers comprennent l'augmentation des projets éoliens, les collisions sur les lignes ferroviaires, les tirs illégaux et l'empoisonnement au plomb. Les succès reproducteurs et les estimations de survie peuvent être employés pour améliorer la connaissance de la dynamique de la population de ce top-prédateur. J'ai estimé les résultats reproducteurs des Aigles royaux en utilisant des données scientifiques grand public dans 44 territoires du nord de la Suède de 1955 à 2015. Les données de lecture de bagues, issues de la base de données nationale du Muséum d'Histoire Naturelle de Stockholm, ont permis d'estimer les taux de survie de la population et individuellement. La météorologie, le densité de rongeurs et les variables topographiques ont été incorporées dans des Modèles mixtes linéaires généralisés (GLMM) pour expliquer le modèle de succès reproducteur. De plus, les estimations de fécondité et de survie ont servi à organiser une matrice de projection démographique afin d'estimer la croissance de la population, la distribution stable des stades  et l'élasticité et la sensibilité des taux de croissance. La fécondité à long terme de la population a été estimée à environ 0,51 jeune par couple et le succès reproducteur est probablement concerné par l'indice de campagnols, l'épaisseur de la neige et les précipitations ayant précédé la période reproductrice ainsi que la température moyenne pendant la période de reproduction. Le meilleur modèle approximatif expliquait 29% de la variance totale de reproduction, ce qui interroge sur l'importance de l'impact des caractéristiques de l'habitat et des perturbations liées aux activités humaines concernant les performances reproductrices des Aigles royaux. Les taux de survie étaient comparables à ceux observés aux États Unis, avec les plus vieux individus présentant des taux de survie supérieurs (0,89) à ceux de la première classe d'âge (0,79). La population montrait un taux de croissance positif (1,1) alors que l'élasticité et la sensibilité du taux de croissance indiquait que le passage le plus important pour la croissance de la population concerne la période de la troisième à la quatrième année, alors que les individus âgés de plus de 4 ans contribuent davantage à la croissance de la population.

 

 

 

 

 

 

Wing-Tagged Encounters of Golden Eagles Captured in Montana

 Robert Domenech, Adam Shreading, Bracken Brown 2016

 Intermountain Journal of Sciences Vol. 22, No. 4, p103

 

Il y a eu récemment des inquiétudes concernant les populations d'Aigles royaux, Aquila chrysaetos, dans l'ouest des États Unis. La préoccupation venait d'une diminution notable du nombre de migrants et des conséquences ultérieures d'une variété de facteurs anthropogéniques consécutifs aux projets industriels de sources d'énergie. par conséquent, il existe un besoin urgent de davantage d'informations sur les Aigles royaux dont : leurs lieux d'hivernage, leur longévité, les causes de mortalité et leurs besoins essentiels d'habitat. Les marquages classiques donnent de faible taux de relectures (7%) et la télémétrie satellitaire a un cout prohibitif pour des tailles importantes d'échantillons. Nous avons débuté un marquage supplémentaire des Aigles royaux avec des marques alaires en vinyle qui s'avère un moyen peu couteux de recueillir des informations sur l'espèce. Depuis 2004, nous avons équipé 260 aigles de marques alaires et re-enregistré 59 individus, ce qui nous donne un taux de relecture de 23%. cette méthode s'avère être beaucoup plus efficace que le baguage seul pour identifier les individus et pour obtenir des informations de re-lecture. Nous attribuons cette efficacité en partie au partage d'information via internet et à l'usage en augmentation des cameras d'enregistrement disposées à proximité des carcasses pour observer leur consommation. En raison des taux d'observations recueillies, nous suggestions l'utilisation des marques alaires en tant que méthode de marquage auxiliaire pour améliorer les études lorsque le baguage standart est la seule méthode utilisée.

 

 

 

 

 

The influence of Greater Sage-Grouse management on Golden Eagles in the Wyoming Basin

 JD Carlisle, G Bedrosian, TL McDonald – 2016

 Western Golden Eagle Team, United StatesFish and Wildlife Service

 

Le Tetras des armoises, Centrocercus urophasianus,   a été l'objet d'un effort de conservation sans précédent aux Etats Unis (USA) dans un passé récent. Cette espèce a été considérée comme une "espèce parapluie", c'est à dire que les actions de gestion la concernant ont été probablement bénéfique à d'autres espèces qui exploitent des habitats de steppes identiques. Les Aigles royaux, Aquila chrysaetos, sont présents comme les Tétras des armoises dans la plus grande partie de l'ouest des États-Unis et font aussi l'objet de programmes de conservation au niveau fédéral et des états. Notre objectif était de déterminer la valeur de la superposition entre les habitats saisonniers des Aigles royaux et les Zones Prioritaires définies au niveau fédéral, pour la protection du Tétras des armoises (PAC) dans l'écorégion du Wyoming Basin (parties du Wyoming, Colorado, Utah, Idaho et Montana) Nous avons calculé la valeur de superposition spatiale entre les PAC et les modèles respectifs d'habitat adapté aux Aigles royaux pendant l'hiver et la saison de reproduction à l'aide de données GIS. Nous avons observé que les PAC pour Tétras des Armoises dans le Wyoming Basin contenait 47% de l'habitat d'hiver des Aigles royaux et 45% de l'habitat des Aigles royaux reproducteurs. Comparée à la valeur de l'habitat en dehors des PAC ou dans l'ensemble du Wyoming Basin, la qualité de l'habitat dans les PAC était légèrement supérieure; néanmoins, l'importance de ces déséquilibres était faible et probablement d'importance biologique minime. D'autres études ont suggéré que les Aigles royaux et les Tétras des armoises rencontraient les mêmes perturbations (fragmentation de l'habitat et perte liée aux perturbations anthropogéniques, plantes invasives ou dérangements par les incendies). Cependant, les actions de gestions menées dans les PAC afin d'atténuer les agressions concernant les Tétras des armoises ont le potentiel pour protéger l'habitat de l'Aigle royal et la ressource en proies qui auraient pu, par ailleurs, être perdus sans cette gestion anticipatrice. Notre action fournit un cadre spatialement explicite pour identifier les secteurs dans lesquels la conservation des Aigles royaux a pu être améliorée par les efforts destinés à protéger les Tétras des armoises, aussi bien que pour les secteurs où la grande valeur de l'habitat pour les Aigles royaux pourrait être potentiellement en danger si l'expansion et les conséquences de l'usage des terres évoluaient dans des zones hors des PAC pour Tétras des armoises. La gestion des habitats pour le Tétras des armoises devrait prendre en compte, au niveau communautaire, les effets à diverses échelles spatiales dans le but de maximiser le potentiel bénéfice de conservation du "parapluie" Tétras des armoises 

 

 

 

 

 

 

Blood-Lead Levels Of Fall Migrant Golden Eagles In West- Central Montana

 Robert Domenech, Heiko Langner, Vincent Slabe 2011

 Intermountain Journal of Sciences Vol 17, No 1-4

 

Le Plomb a été depuis longtemps identifié comme un danger grave pour l'environnement des aigles et d'autres espèces aviaires de prédateurs opportunistes et charognards. L'utilisation des munitions au plomb pour la chasse au gibier d'eau sur les terres fédérales ou des états, a été interdite depuis 1991 en raison des empoisonnements au Plomb observés chez les Pygargues à tête blanche, Haliaeetus leucocephalus, les Aigles royaux, Aquila chrysaetos, et de nombreuses espèces de gibier d'eau. A cette époque, il semblait que cela représentait la seule source importante d'exposition au Plomb. Plus récemment, l'empoisonnement par le Plomb à partir de munitions ou de fragments de munitions a été identifié comme cause principale de la mort chez le Condor de Californie, Gymnogyps californianus, conduisant à la récente interdiction de l'usage de munition au plomb dans les  “California Condor Recovery Zone.” Une autre étude en cours sur le Grand Corbeau, Corvus corax, et les Pygargues à tête blanche dans le Wyoming a démontré une corrélation directe entre des taux très élevés de Plomb dans le sang et le début de la saison de chasse avec des armes à feu. En fait, il existe des preuves accablantes montrant que la toxicité du Plomb  est toujours très répandue dans l'environnement et des conclusions qui indiquent que l'origine se trouve dans les fragments de munitions de tir. Nous avons analysé du sang prélevé sur un échantillon de 131 Aigles royaux capturés au cours de la migration d'automne de 2006 à 2010 pour déterminer la présence de contaminants potentiels (métaux lourds et en particulier le Plomb).

 

 

 

 

 

 Kongeørn som tapsårsak for sau og lam. Tapsstudier i Rødsjø beiteområde 2014-2015

 Stien, A., Hansen, I., Langeland, K. & Tveraa, T. 2016

 NINA Report 1285. 34 pp.

 

Depuis plusieurs années, dans la région de Rødsjø, se pose le problème le lourdes pertes d'agneaux. Les propriétaires de troupeaux avancent que la prédation par les Aigles royaux est la principale cause de ces dommages importants, mais peu de cadavres ont été retrouvés sur ces zones de pâturages estivales. La documentation à l'appui des demandes des propriétaires est, par conséquent, insuffisante. Une étude de mortalité a donc été mise en oeuvre au cours des étés 2014 et 2015. Des colliers émetteurs ont été installés sur les agneaux de 4 fermes avant qu'ils ne soient relâchés dans les parcours de pacage pour permettre de retrouver leurs cadavres en cas de mort. De plus avant d'être relâchés, ils ont été pesés et des prélèvements sanguins ont été effectués dans un sous-groupe d'animaux pour analyser le Sélénium, des échantillons de fèces ont été étudiés à la recherche de parasites gastro-intestinaux dans un autre sous-groupe. Les cadavres retrouvés ont été analysés pour trouver des traces de blessures causées par des prédateurs, et un échantillon de carcasse dans un état acceptable, était envoyé pour autopsie et évalué sous l'angle d'éventuelle pathologie.

 Des pertes importantes d'agneaux ont été observées à la fois en 2014 (18%) et 2015 (24%), alors que les pertes de brebis adultes étaient faibles (1%). Les Aigles royaux ont été jugés comme le principal prédateur responsable de la mort d'agneaux. Aucun autre prédateur n'a été identifié pour avoir entraîné la mort d'agneaux dans la zone d'étude. Les Aigles royaux ont tué des agneaux  pendant tout l'été et le nombre de cadavres trouvés avec des traces de blessures causées par les aigles indique que au moins 5-6% des agneaux relâchés dans les pâturages ont été tués par des Aigles royaux. Ceci représente une perte substantiellement plus élevée, causée par les Aigles royaux, que ce qui avait été antérieurement observé en Norvège (0-3%).

 En plus des pertes imputables aux Aigles royaux, 5-10% des agneaux sont morts sans tr^ces de blessures causées par des prédateurs. Ces morts semblent consécutives à des maladies ou des accidents. Nous avons pu identifier les accidents pour 1/3 de ces pertes. Les autopsies vétérinaires d'un échantillon de cadavres ont identifié les principales maladies: intoxication végétale (Narthecium ossifragum), infections causées par des parasites intestinaux et pneumonies bactériennes secondaires, et de nombreux amaigrissements.  

 Pour de nombreux cadavres, la cause de la mort n'a pu être déterminée, souvent du fait de la consommation par des charognards. Ce groupe représente 8% des agneaux qui avaient été relâchés dans les prairies. Il s'agissait probablement d'agneaux soit tués par des Aigles royaux soit morts pour d'autres raisons, comme la maladie ou des accidents. Cependant la proportion de chaque groupe n'a pu être déterminée. Cela implique que les pertes liées aux Aigles royaux, maladies ou accident, sont fortement biaisées, les estimations de 5-6% et 5-10% respectivement, doivent être considérées comme des estimations minimales.

 Dans les pâturages, les taux de mortalité étaient fonction à la fois du poids des agneaux et du sexe. Les petits agneaux et les agneaux mâles avaient la plus élevée probabilité de mort. Les fermes différaient quant à leurs taux de pertes et ces différences variaient de quelques degrés selon les années. Néanmoins, il n'y avait pas de lien évident entre le poids moyen des agneaux de printemps et le niveau de pertes que subissait l'élevage la même année. Une part significative de la variation des pertes semble associée au devenir des agneaux après leur libération dans les zones de pâturage. Par ailleurs, certains aspects des modalités d'exploitation des fermes qui n'apparaissent pas dans les poids des agneaux de printemps, déterminent les niveaux de pertes.

 Les données indiquent que les pertes liées aux Aigles royaux, maladies et accidents co-varient dans l'espace et dans le temps. Cela pourrait suggérer que soit la situation sanitaire dans les pâturages affecte les pertes causées par les Aigles royaux, soit la population d'Aigles royaux contribue d'accentuer le problème sanitaire. Nous discuterons ces hypothèses à l'aide des données disponibles, mais nos résultats empiriques ne permettent pas de proposer une solution. Une approche expérimentale semble nécessaire pour établir la relation causale.

 

 

 

 

 

Risk factors for loss of lamb in Sør-Trøndelag - How important is the Golden eagle (Aquila chrysaetos)?

 H. Hammer – 2016

 Norwegian University of Life Sciences, Ås

 

Il existe une forte incertitude quant à la part du total des pertes d'agneaux causée par les Aigles royaux, Aquila chrysaetos, dans la région de Sør-Trøndelag. Ce rapport détaille les résultats d'une étude sur des agneaux équipés de radio-émetteurs dans la zone de pâturages de Rødsjø dans le Sør-Trøndelag. Les facteurs affectant les pertes d'agneaux sur les pâturages ont été enregistrés durant les années 2014 et 2015 dans quatre troupeaux à l'aide d'enregistreurs de mortalité. Les localisations des morts ont été étudiées pour identifier si le risque de mortalité était affecté par des variables environnementales, et si  cela variait en fonction des causes de décès. Ces données ont été analysées à l'aide d'un modèle de risque qui comparait les habitats des diverses localisations avec les habitats de divers points choisis aléatoirement dans l'aire d'étude. Les caractéristiques des habitats étaient obtenues à partir de cartographie numérique. Le modèle le plus parcimonieux pour chaque cause de décès était choisi selon sa valeur (AIC). Sur les 1282 agneaux présents dans les pâturages, 796 ont été équipés de capteur de décès. Parmi les agneaux équipés, 162 ont été documentés sur la cause de la mort. Parmi eux, 26% avaient été prédatés par des Aigles royaux, 19% étaient morts de maladie, 8% par accidents, et 33% de cause inconnue. Les agneaux présentaient des risques plus importants de mortalité par maladie à basse altitude. Le plus grand risque d'être prédaté par les Aigles royaux était à environ 300m en terrain légèrement en pente. Si une forte proportion de pertes de la catégorie inconnue ou accident, est en fait provoquée par les Aigles royaux, ces dommages devraient se situer dans le même environnement que ceux attribués aux Aigles royaux. Le risque de mort par accident était fonction de l'altitude, et le modèle de risque avec les mêmes facteurs que celui du modèle Aigle royal était 2,9 AIC supérieur. Le risque de mort par cause inconnue était fonction de la pente et le modèle Aigle royal était simplement 0,7 AIC plus élevé (et donc considéré comme un modèle concurrentiel). Je ne puis donc me prononcer sur l'hypothèse selon laquelle les causes de mort inconnues sont imputables à la prédation par les Aigles royaux.  Cela peut être en lien avec le faible nombre de données, mais aussi parce qu'il peut exister de nombreuses causes de mortalité dans la catégorie cause inconnue. Il est, aussi, important de souligner qu'il peut y avoir des variations annuelles qui ne peuvent apparaître sur une simple étude de deux années.

 

Selon mes résultats, je suggèrerait les mesures alternatives suivantes pour la gestion des troupeaux dans la zone de pâturage de Rødsjø : augmenter la surveillance dans les zone avec le plus fort risque de prédation et aussi intensifier la surveillance pendant des périodes critiques. En ayant une politique de conduite des troupeaux, il serait possible de les éloigner des zones présentant les risques les plus élevés de prédation.

 

 

 

 

 

 

Guardian or threat: does golden eagle predation risk have cascading effects on forest grouse?

 MS Lyly, A Villers, E Koivisto, P Helle, T Ollila, E Korpimäki  2016

  Oecologia, October 2016, Volume 182, Issue 2, pp 487–498

 

Des études antérieures sur la prédation intaguilde se sont principalement intéressées aux assemblages intra-classes, bien que les prédateurs aviaires supérieurs puissent aussi influer sur les proies des mammifères méso prédateurs. En utilisant des données recueillies depuis de nombreuses années sur l'ensemble du territoire Finlandais, nous avons examiné l'impact des Aigles royaux, Aquila chrysaetos, conjointement avec les Renards roux, Vulpes vulpes, et les Martres des pins, Martes martes, sur les herbivores vivant dans le milieu forestier, le Tetras lyre, Tetrao tetrix, et la Gelinotte des bois, Tetrastes bonasia. Nous avons pris pour hypothèse que les Aigles royaux pourraient atténuer la pression de l'ensemble de la prédation sur les gallinacées en imposant un risque de prédation intraguilde aux méso-prédateurs. L'impact de la prédation des aigles a été modélisé à l'aide d'estimations de densité des aigles et de la distance par rapport aux nids. Les inventaires faunistiques ont été utilisés comme proxies d'impact de prédation sur les mammifères méso-prédateurs et comme mesures de réponse des gallinacées. Nos résultats montrent que la densité des aigles est corrélée négativement avec les indices d'abondance des tétras lyre alors qu'elle est positivement associée avec la proportion de juvéniles des deux espèces de tétraonidés,  indépendamment de l'abondance de méso-prédateurs. Cependant, les renards et les martres seuls avaient un effet négatif sur les indices d'abondance et sur la proportion de jeunes dans les deux espèces de gallinacées. Ceci suggère que les réactions en chaine, potentielles, liées aux aigles ne sont pas conditionnées par la diminution du nombre de méso-prédateurs, mais plutôt par les conséquences de leur crainte. Parallèlement, elles peuvent être influencées par d'autres espèces que les renards ou les martres étudiées ici. En conclusion, nous avons des éléments qui appuient l'hypothèse que les aigles fournissent une protection aux juvéniles de Tétras lyre et de Gélinotte, même s'ils représentent une menace pour les adultes. Cette information importante nous aide à mieux comprendre le rôle des super prédateurs aviaires dans l'écosystème terrestre.